Droits de l’homme : Le cri de détresse des Tamasheq noirs du Mali

Le dimanche 7 juillet 2019 est considéré par la communauté Kel Tamasheq noire du Mali comme un tournant décisif de sa vie. La tenue d’un congrès extraordinaire ce jour-là a été une tribune pour dénoncer l’injustice dont est victime la communauté.  En tout cas, les injustices ne manquent pas selon les représentants de la communauté qui ne veulent plus travailler pour enrichir d’autres.

 

« Que dire du cas de ce haut cadre de notre communauté dirigeant d’un parti politique à qui il a été refusé de prétendre à un poste de maire parce qu’il est tamasheq noir et qu’il ne serait pas capable d’assumer correctement les fonctions de maire ? Cela avec la complicité de son parti », a dénoncé l’ancien président de Kel Ahishq, Almaïmoune Ag Moustapha à l’ouverture du congrès extraordinaire.

Ce dernier a été remplacé par Sidi Agaly Yattara qui dirige un nouveau bureau de 65 membres. Et Ag Moustapha de poursuivre en évoquant l’injustice qui a frappé un maire de la communauté, élu régulièrement, mais qui a été destitué illégalement et mensongèrement au bout de huit mois d’exercice. Sa révocation est le résultat de complicités grossières de l’administration et de la justice, selon la communauté. « Est-il normal que nous vivons cela dans le Mali d’aujourd’hui, je dis non et c’est à cela que nous voulons mettre fin », a affirmé Ag Moustapha.

Pour ce faire, la communauté doit s’ouvrir, exprimer et assumer ses choix, éviter d’être réticente à se confier à autrui en raison d’une crainte injustifiée. La crainte que « l’information soit utilisée de manière perfide contre elle ou de discerner des significations cachées, humiliantes ou menaçantes dans des commentaires ou des évènements anodins », a affirmé Ag Moustapha.  « Notre communauté doit se construire en évitant ce qu’on peut appeler la paranoïa, qui se manifeste par des soupçons, de la méfiance, des doutes sur la loyauté des uns et des autres, de la rancune, des prédispositions à la construction des théories de complot, j’en passe », a poursuivi l’ancien président de Kel Ahishq.

La communauté ne veut plus de cette place arrière qui ne semble être destinée qu’à elle, et elle ne la souhaite non plus à aucune autre communauté. «Nous avons toujours été contraints de travailler pour les autres. Nous faisons les travaux les plus durs voire les plus humiliants pour enrichir d’autres sans reconnaissance ni aucune contrepartie », a déploré l’ancien président de Kel Ahishq.

Soumaila T. Diarra

Le Républicain

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