Critique situation pastorale au nord du Mali : Les animaux meurent en grand nombre !

La situation pastorale du nord du Mali en général et du cercle de Gourma Rharous est très critique. Les communautés pastorales sont vulnérables et malnutries.

Gourma_Rharous carte nord mali

En ce moment, le taux a atteint plus de 52%. Les éleveurs sont abandonnés  à  leur triste sort. Pis, les services techniques ne sont pas écoutés ni par le Gouvernement, encore moins, par les partenaires. Du coup, les animaux en grand nombre sont en train de mourir.

Le cercle de Gourma Rharous a une vocation pastorale, la population vit des revenus de l’élevage (85%). Le cheptel de Gourma Rharous représente près  de 45% du cheptel régional. La richesse des ressources pastorales est constituée de pâturages exondes (panicum centhrus endropogon) ; pâturages aériens (acacias) ; pâturages inondes (l’echinochloa stagnina, l’echinochloa longijubatum, le voscia eupisdata, l’oryza barthui,loryza longistaminata).

Ainsi que des points d’eaux constitués par des mares pérennes, semi-temporaires, temporaires, puits et fleuve. Des terres salées  constituées de gamme de terre salées variées à travers toutes les zones pastorales.  Cette situation pastorale se trouve perturbée et dégradée depuis 2012 à cause de l’insécurité et l’insuffisance des pluies des années passées. La campagne pastorale est caractérisée  par une conséquence d’ hivernage déficitaire de campagnes 2015-2016  et  2016-2017, avec leur cortège de manque de pâturage et de points d’eaux, aussi ,le retour des troupeaux des refugiés et de l’insécurité qui ont modifié les pistes de transhumances ( car les éleveurs s’approchent des zones pour eux plus sécurisées) sont des facteurs qui notent les difficultés sur le plan pastoral.

A cela s’ajoute l’assèchement précoce des points d’eaux et même la mare de Gossi qui constitue un pole  d’attraction à cause de son caractère de mare pérenne. L’invasion des troupeaux des autres zones comme  (Doro, Intelit, Gao, N’gouma, Mopti), Goundam, Niafunke  Bourem.

A partir du juin 2015, les éleveurs ont assisté de façon impuissante  à la mortalité élevée de leurs troupeaux. Exceptionnellement, les années passées le taux de mortalité était  à 21% et arrive à 29% et 45% dans la zone pastorale de Gossi de N’daki Tintad Eyni bande du fleuve  (Hamzakoma à Banikane Adiora et d’autres zones) cette année 2017.

A partir du mois de  juillet, la situation s’est aggravée par un début d’hivernage timide et interrompu, le taux de mortalité après les pluies s’est élevé  à cause des longues distances parcourues par les animaux pour atteindre leur parcours pastoraux habituels. Il faut noter surtout la perte des femelles gestantes, des veaux fatigués. Les petits ruminants connaissent le même sort.

Des mesures à entreprendre !

Malgré toutes les informations données  aux différents partenaires, il n y a pas eu d’échos favorables. Il fallait attendre le mois de juin-juillet où le gouvernement malien à travers le commissariat à la sécurité alimentaire est intervenu avec  900 tonnes d’aliment bétail subventionnées à 117000 FCFA/tonne. Le ridicule ne tue pas ! Comment pouvez-vous comprendre que des éleveurs vulnérables, pauvres situés de 200 à 300 km de Tombouctou soient appelés à parcourir cette longue distance pour avoir accès à l’aliment bétail qui arrive en compte – goutte ?

En définitive, la réalité est qu’aujourd’hui, les communautés pastorales  sont vulnérables et malnutries. Et en ce moment, le taux a atteint 52% sinon  plus. Les éleveurs sont abandonnés  à eux-mêmes, les services techniques ne sont pas écoutés par les partenaires. Aucun partenaire ne peut prétendre soutenir et développer le cercle de Gourma Rharous en oubliant le secteur de l’élevage surtout : dans le développement des ressources pastorales et leur gestion, dans l’organisation des éleveurs à la gestion des parcours pastoraux  (charte pastorale), l’appui à la reconstitution du cheptel et un soutien alimentaire aux vulnérables.

Les autorités sont, en tout cas, fortement interpellées face à cette situation de détresse.

Aliou Touré

 

Source:  Le Démocrate

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