Crise au sein de la Plateforme : LE GOUVERNEMENT PRÉSENTE UN CANEVAS DE SOLUTIONS

Il porte sur quatre points principaux, à savoir la non-acceptation d’une nouvelle entité en plus de la Plateforme, le traitement des responsables de tous les groupes sur un pied d’égalité, la tenue des assises par les différentes composantes du regroupement en vue de renouveler la confiance des bases en leurs dirigeants, et l’élargissement du CSA pour permettre la participation des femmes et celle de certaines sensibilités apparues au cours de la mise œuvre de l’Accord

 

Le boycott de la 36è réunion ordinaire du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation (CSA) par la Plateforme a levé le voile sur le malentendu qui existe au sein de ce regroupement. Des difficultés qui sont susceptibles de nuire gravement au processus de mise en œuvre de l’Accord. C’est conscients des éventuelles répercussions de cette crise sur le processus de paix que le gouvernement et le chef de file de la médiation, l’Algérie, ont conjugué leurs efforts pour résoudre les divergences au sein de la Plateforme.
Au nom du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, et son collègue de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré ont tenu, la semaine dernière, plusieurs rencontres avec un panel de personnes ressources, dédié à la résolution de cette crise.
Ces consultations ont permis de mettre en œuvre un canevas de solutions que les ministres Tiébilé Dramé et Lassine Bouaré ont présenté, dimanche dernier, aux membres de la Plateforme, dans un hôtel de la place. C’était en présence des anciens Premiers ministres Ousmane Issoufi Maïga et Ahmed Mohamed Ag Hamani et du président du Comité de suivi de l’Accord (CSA), Ahmed Boutache. Plusieurs personnalités des régions de Tombouctou et Gao ont pris part à la rencontre.
Le canevas de solutions proposées porte sur quatre points principaux. Selon le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le premier point aborde la non-acceptation d’une nouvelle entité en plus de la Plateforme. Il a insisté qu’il n’y aura aucune nouvelle excroissance mais plutôt une seule Plateforme dans sa diversité. Le canevas indique aussi que les responsables de tous les groupes soient traités sur un pied d’égalité. Un autre point essentiel, selon Tiébilé Dramé, est la tenue des assises par les différentes composantes de la Plateforme en leur sein en vue de renouveler la confiance des bases en leurs dirigeants. Quant au quatrième point, il concerne l’élargissement du CSA pour permettre la participation des femmes et celle de certaines sensibilités apparues au cours de la mise œuvre de l’Accord. «Nous allons continuer les échanges pour arriver à une entente presque parfaite avant la prochaine réunion du CSA », a promis le chef de la diplomatie malienne.

BOOSTER LA MISE EN ŒUVRE DE L’ACCORD – Dans une interview accordée aux journalistes, Fahad Ag Al Mahmoud, l’un des responsables du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), a salué cette médiation du gouvernement en collaboration avec l’Algérie pour qu’il y ait la cohésion au sein de la Plateforme. Selon lui, cet appui permettra à cette entité signataire de l’Accord de se réorganiser pour booster la mise en œuvre de l’Accord. « Je ne pense pas qu’il y ait de différends aussi grands qui ne peuvent pas être réglés si on se concerte. Dès que les gens vont s’y mettre, toutes les difficultés seront aplanies », a-t-il-rassuré.
Quant à Me Arouna Toureh, un autre responsable de la Pateforme, il a souligné l’importance de l’union au sein de cette organisation. «Le plus important est que nous soyons ensemble pour aller de l’avant. Ceci est notre devoir et nous sommes prêts à oublier toutes les accusations contre nous», a-t-il indiqué.
Les personnes intervenant au nom du panel se sont réjouies de voir les composantes de la Plateforme réunies pour échanger sur cette crise. Elles ont salué ce sens de patriotisme avant de s’appesantir sur la nécessité de la cohésion au sein de la Plateforme.
Sur le même sujet, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale informe dans un communiqué que suite aux divergences qui existent depuis un certain temps au sein de la Plateforme des mouvements signataires de l’Accord, le gouvernement a décidé de prendre en main la gestion de cette situation. C’est ainsi que, poursuit le texte, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, et son collègue de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré, multiplient les consultations en vue d’amener les différents protagonistes à parler d’une même voix afin de poursuivre le processus de mise en œuvre de l’Accord.
Pour ce faire, énonce le communiqué, les deux personnalités ont co-présidé, le vendredi 26 juillet 2019, une rencontre à laquelle ont participé le Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord, Mahamadou Diagouraga, le président du Comité de suivi de l’Accord, Ahmed Boutache, et le panel de personnes ressources dédié à la médiation. Le ministre Dramé, dans ses propos liminaires a affirmé que « si une seule composante de l’Accord pour la paix connait des difficultés en son sein, cela pourrait avoir un impact considérable sur sa mise en œuvre ».
Dans le souci de réussir cette mission, selon le communiqué, les ministres Dramé et Bouaré ont également poursuivi les discussions, ce samedi 27 juillet, avec d’autres personnes ressources, notamment les anciens Premiers ministres Ahmed Mohamed Ag Hamani et Ousmane Issoufi Maiga, l’ancien ambassadeur du Mali en Arabie souadite, Mohamed Zouber, l’imam de la Grande mosquée de Tombouctou, Abderhamane Ben Essayouti et d’autres acteurs concernés par la mise en œuvre de l’Accord.

Mohamed D. DIAWARA

L’Essor

Suivez-nous sur Facebook sur