Agression contre les symboles de l’Etat à Kidal : Les propos désinvoltes des responsables de la CMA

Il y’a peu, les images de l’agression contre les symboles de l’Etat à Kidal circulaient sur les réseaux sociaux. Drapeau en flamme et enseigne du gouvernorat débarbouillé. Cette unième agression rallonge une liste de provocation récurrente depuis la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

Au-delà de la violation de l’accord pour la paix que constituent ces agressions à répétition malgré la protestation de l’actuel ministre des affaires étrangères, suscitent des interrogations sur la sincérité des responsables de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) pour un Mali un et indivisible. Ils envoient à l’opinion nationale une double image contrastée dont l’une favorable en théorie à l’application de l’accord et l’autre complice passive des violations flagrantes de l’unité nationale et  document de l’accord sur lequel ils ont apposé leur signature.

Ces agressions traduisent-elles une dissension à l’intérieur de la CMA ou le boycott de l’accord pour la paix ? Au moment où les plus hautes autorités du pays se battent pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix, c’est la question qui mérite d’être posée. En l’absence de toutes condamnations officielles  des agressions par les responsables de la CMA combinées aux manques d’empressements de certains d’entre eux à honorer les symboles de l’Etat comme il se doit, il ne serait pas exagéré de dire que les groupes au sein de la CMA ont un agenda différent de celui des autorités de Bamako et peut-être de celui des autres partenaires.

Quatre ans après la signature de l’accord pour la paix, l’attitude agressive contre les symboles de l’Etat à Kidal et les propos désinvoltes de certains responsables de la CMA constituent à n’en pas douter, l’une des causes profondes de la lenteur de sa mise en œuvre. Comment peut-on convaincre de sa bonne foi envers un Etat en marchant sur ses symboles ? L’impasse dans laquelle se trouve l’accord pour la paix n’est que la conséquence du contraste entre le discours des dirigeants de la CMA et les actes d’agressions à répétition contre les symboles d’un Etat qu’ils ont reconnu explicitement en apposant leur signature sur le document. L’histoire est-elle en train de donner raison aux sceptiques dont le nombre ne cesse de croître au gré des agressions. A l’époque, une bonne partie de l’opinion avait soupçonné la rébellion de vouloir obtenir par l’accord pour la paix ce qu’elle n’avait pas pu obtenir par les armes à savoir : la partition du pays.

L’attitude ambiguë de la CMA a fait planer le doute sur la sincérité des autres partenaires et de plus en plus de personne croit à la thèse d’un complot international soutenue par le président du MPR  visant à créer «  l’Etat du grand Sahara ». En effet, en plus de la production d’un livre de 500 pages, le président du MPR multiplie les sorties médiatiques pour dénoncer les mises en scène et la manipulation de l’opinion nationale par les partisans et défenseurs de ce vieux rêve colonial. Les faits observés à Kidal ne lui donnent pas tort jusqu’à preuve du contraire en dépit des timides sanctions ciblées de l’ONU à l’encontre des présumés auteurs obstacles à la mise en œuvre de l’accord pour la paix en lieu et place d’une sanction de la coordination des mouvements de l’Azawad dont le manque de volonté d’instaurer, de respecter et de faire respecter l’accord pour la paix dans son « sanctuaire » n’est plus à démontrer. Les Maliens sont, peut-être pour le moment, incapables de relever les défis de la nation, pour autant, ils ne sont pas dupes. L’attitude de la CMA ne milite pas en faveur d’un retour rapide de la paix à travers une mise en œuvre rapide et diligente des accords pour la paix qui demeure une préoccupation des plus hautes autorités malgré la réticence d’une bonne partie de l’opinion nationale. Le Mali réaffirme son attachement à la paix sincère et durable  dans la dignité et le respect mutuel et invite tous les partenaires à faire de même ! Au-delà des beaux discours, il urge que la CMA s’investisse dans le respect des symboles de l’Etat pour dissiper le doute et le scepticisme qui l’entourent

Bouba Sankaré

Source: Mali Demain 

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