43ÈME SESSION DU COMITÉ DE SUIVI DE L’ACCORD À KIDAL : L’INCERTITUDE PLANE DÉSORMAIS SUR LA TENUE DE CETTE RENCONTRE DANS LA CAPITALE DE L’ADRAR DES IFORAS !

Après deux reports, finalement l’incertitude plane sur la tenue de la 43ème session du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) à Kidal, fief des ex-rebelles de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA). Cette volonté affichée du Gouvernement malien et de ses partenaires dans l’objectif de renforcer la confiance entre les parties prenantes de l’Accord pour la paix, tend vers un avenir moins prometteur. Puisque les ex-rebelles de la CMA ont entrepris ces derniers temps des actes qui pourraient compromettre tous les efforts des autorités de Bamako et leurs partenaires vers une paix durable. Du coup, la Plateforme, un autre mouvement armé se dit ne pas voir l’importance de la délocalisation du CSA à Kidal. 

 

Si la tenue de la 43ème session du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) à Kidal constitue une initiative entreprise par les autorités de Bamako qui affiche sans nul doute leur volonté à réunifier le Mali d’une part et de renforcer la confiance entre les frères et sœurs maliens d’autre part, il est clair que depuis quelques jours, les responsables des ex-rebelles de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) “mettent les pieds dans le plat” en posant des actes qui vont dans le sens inverse de cette volonté. Ceux-ci donnent l’impression qu’ils ne veulent pas aller rapidement vers une paix durable, gage de l’allègement de la souffrance des citoyens maliens dans la région de Kidal et environs.

Depuis la publication d’une décision controversée, voire polémique de la CMA notamment l’annonce de la création d’une zone de défense et de sécurité dans la zone du Gourma, les ex-rebelles de Kidal semblent prendre une position tendant à bloquer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, issu du processus d’Alger.

Pourtant, de l’arrivée des autorités de la Transition à nos jours, les initiatives et les ambitions ne manquent pas pour diligenter les actions afin d’aller vers une paix durable. Malheureusement, du côté de la CMA, la volonté n’y est pas. Cela s’illustre ces derniers temps par cette décision d’installer une force dans la zone du Gourma.

Malgré la protestation du Gouvernement malien contre une telle décision et ses inquiétudes face à cette situation, les responsables de la CMA publient un autre communiqué pour réitérer la même ambition dans la zone d’intervention des Forces Armées Maliennes (FAMa) et leurs partenaires du G5-Sahel et de Barkhane. Cela n’est pas de nature à apaiser la tension et de restaurer la confiance entre les parties. Et ce n’est pas dans un tel contexte qu’il serait opportun de tenir le Comité de Suivi de l’Accord (CSA) à Kidal pour faire simplement plaisir à des gens qui refusent d’aller vers la paix.

On se rappelle, dans son communiqué de protestation, le Gouvernement a exprimé son indignation et ses inquiétudes par rapport à un tel acte posé par la CMA tendant à transgresser le cessez-le-feu, conclu entre les parties et donc les clauses les engageant à conserver leurs positions et une flagrante violation des dispositions des articles 17, 25 et 29 de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, relatives aux questions de défense et de sécurité.

Faut-il le rappeler, cette 43ème session du CSA devrait se tenir au cours de ce mois de février dans la capitale de l’Adrar des Iforas si tout se passe comme prévu.

Mais, avec cette nouvelle donne, l’incertitude plane désormais sur le maintien de cette rencontre à Kidal, fief des ex-rebelles de la CMA.

Boubacar DIARRA

Source : Le Soir De Bamako
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