Réformes électorales au Mali : Des recommandations pertinentes pour améliorer le système électoral

Sur l’initiative de l’Institut néerlandais pour la démocratie (NIMD) une rencontre de haut niveau s’est tenue du 30 au 31 octobre dernier, à l’hôtel Radisson bleu de Bamako. Elle a permis de réunir les représentants des partis politiques de la majorité et de l’opposition, les regroupements de partis politiques et les organisations de la société civile. Elle a également enregistré des personnes ressources, représentant diaspora malienne dans son ensemble.

La rencontre s’est déroulée en plénière et en atelier de travail.  Le NIMD avait déjà fait des constats pour permettre d’améliorer le processus électoral au Mali. Ce qui a permis de retenir un certain nombre de recommandations, visant à réformer le système électoral.

Celles-ci se résument, entre autres, par :  la création d’un organe indépendant et unique de gestion des élections au Mali dans un souci de cohérence et d’efficacité technique et financière ; le plafonnement des dépenses et le dispositif de comptabilité des campagnes avec comme objectif d’instaurer la transparence, mais aussi d’améliorer l’équité entre les candidats lors des différents scrutins ; la révision à la hausse du délai entre les deux tours, afin de permettre aux deux candidats en concurrence de battre campagne et de mobiliser les électeurs ; la révision du temps consacré au traitement des recours afin de favoriser un traitement efficace des dossiers par la Cour constitutionnelle et pour faire les investigations nécessaires ; la promotion des débats entre les candidats avant les premier et deuxième deux tours de l’élection présidentielle. A celles-ci, s’ajoutent l’exigence de la publication en ligne des résultats du scrutin, par bureau de vote et centre de vote, au fur et à mesure de la centralisation dans la loi électorale ; la définition des circonscriptions électorales en tenant compte de la création de nouveaux cercles qui doivent normalement être comptés comme de nouvelles circonscriptions électorales ; la relecture de la loi organique portant conditions d’éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités, les conditions de remplacement des membres de l’Assemblée Nationale en cas de vacance de siège, des incompatibilités et des vacances de siège des parlementaires et du nomadisme politique ; l’intégration des nouveaux majeurs dans le fichier électoral et la radiation des personnes décédées ; la publication des textes dans les délais pour une appropriation véritable par les citoyens ; la distribution des cartes d’électeur famille par famille. Cela passe nécessairement par l’implication et la responsabilisation des conseillers de village et de quartier dans le processus d’élaboration de la liste électorale et ensuite dans la distribution des cartes d’électeur ; la  constitution d’un vivier d’agents électoraux (AE) et le renforcement continu de leurs capacités ; l’élaboration et l’adoption d’un code d’éthique des agents électoraux (AE) etc.

Certaines recommandations n’ont pas fait l’objet d’unanimité. Il s’agit en l’occurrence de : l’exigence du respect de la révision de la Constitution, le nomadisme politique, l’exigence du niveau d’instruction des élu, le vote électronique, l’instauration des primaires dans les partis politiques, que le président jure sur sa croyance et l’inscription volontaire sur la liste électorale.

La clôture des travaux de cette rencontre de haut niveau était co-présidée par le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation  Ibrahim Boubacar Bah et son homologue de la Cohésion sociale et des Reformes de l’Etat Amadou Thiam. C’était en présence de la représentante résidente de l’Institut néerlandais pour la démocratie, Mme Mirjam Tjassing.

Diakalia M Dembélé

Source: 22 Septembre

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