La culture malienne dépasse de plus en plus nos frontières pour s’étendre partout dans le monde

Lors d’un défilé organisé en Espagne, le jeune styliste et créateur de mode malien, Cheick Oumar Kanté, a tenu à rendre hommage à un incontournable de l’histoire contemporaine de la mode au Mali, Chris Seydou, à travers une collection de Bogolan.

Un hommage qui a beaucoup retenu notre attention. C’est pourquoi nous avons jugé nécessaire de nous entretenir avec M. Kanté Cheick Oumar, le promoteur de la marque PAPYVALERIE. Il a bien voulu répondre aux questions d’InfoSept dont nous voulons partager l’exclusivité avec vous, nos fidèles lecteurs et lectrices.

InfoSept : Parlez-nous de votre parcours scolaire et professionnel ?

  1. Cheick Oumar Kanté : Je suis détenteur d’un Master 1 en science de gestion et une licence en Management-Gestion d’entreprises.
    Au cours de mes années universitaires, j’ai acquis plusieurs compétences à travers des stages de qualifications dans des entreprises parmi lesquelles on peut citer (BECAO, CNAR.SA, CAECE-JIGIDEME, Direction Générale des Marchés Publics et des Délégations de Services publics, BMS-SA, Orange Mali, etc.

J’ai commencé ma carrière professionnelle dans la mode en 2011 à Bamako, avec l’ouverture d’un espace créatif de mode et de couture dans la villa familiale à Kalaban-coura. Je fis mes preuves rapidement en ayant des succès dans la capitale malienne, Bamako.

Afin de perfectionner mon art [le stylisme], j’ai décidé d’aller me former en Europe. Aujourd’hui, cela fait 4 ans que je suis dans une école de spécialisation de styliste modéliste qui fait partie de l’une des 9 plus grandes écoles de Design et Mode en Espagne [Academia Paris].

Nous avons eu connaissance du défilé organisé en Espagne auquel vous avez participé. Parlez-nous de ce défilé ?

Effectivement, j’ai eu à participer à AmaréFashionWeek Marbella, le 27 et 28 juin passé à l’hôtel Amaré dans la ville de Marbella en Espagne. Ce défilé fut une rencontre de créateurs de mode talentueux évoluant chacun vers des horizons différents. Durant toute ma carrière, je n’avais jamais vu un défilé aussi bien organisé. Les mannequins, les photographes, les maquilleurs, les staffs, etc. Bref, l’organisation était d’un professionnalisme absolu.

Comment, le défilé s’est déroulé, et pourquoi ce choix de rendre hommage à Chris Seydou ?

Par la grâce de Dieu tout s’est bien déroulé, je ne m’attendais pas un tel succès scénique. C’était de l’art africain ce que j’ai eu à présenter lors de cet événement [Le Bogolan made in Mali].

Il était temps de rendre un tel hommage à Chris Seydou à la mesure de sa notoriétéà travers une collection entièrement dédiéeà lui.

Il le mérite éternellement. Chris Seydou fut le premier à relever la mode africaine au-delà du continent, spécialement le Bogolan [étoffe traditionnelle du Mali] qu’il a fait découvrir au monde entier. Il a été aussi le premier créateur africain à oser habiller les citadins européens aux couleurs de l’Afrique. Mon initiative fut de lui rendre ce grand hommage à travers l’héritage qu’il a léguéà la mode africaine « le Bogolan » ce textile incontournable dans la mode africaine. Jusqu’aujourd’hui, le bogolan continue de fasciner le monde de la couture.

Quels sont vos sentiments et impressions, quels messages
voulez-vous véhiculer et quels sont vos derniers mots ?

Un sentiment de satisfaction, ma passion pour la mode et la couture ne fait que grandir tous les jours pour me guider vers de nouvelles inspirations.

Le message que je compte véhiculer est qu’on sache que l’Afrique est un merveilleux tableau d’art. Dans ce sillage, nous pouvons dire que beaucoup de génies de la mode se sont inspirés de l’Afrique comme Oscar de la Renta, Yves Saint Laurent, pour ne citer que ceux-ci parmi tant d’autres.

Je veux appartenir à la trempe des hommes porteurs des flambeaux du Mali actuel pour les faire briller le plus haut possible avant de transmettre aux générations à venir. Je tiens désormais à participer au développement économique et artisanal de mon pays d’origine le Mali en valorisant le travail de nos artisans [le Bogolan, le pagne tissé, l’indigo]. Et pourquoi pas dans le futur une Académie de stylisme et design de mode au Mali ?

Je remercie infiniment toute votre équipe pour la considération et mes salutations vont à tous vos lecteurs et lectrices au-delà de mes fans.

Haoua Ouane

Source: Infosept

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