Intox et désintox: le hoba-hoba de Papouni

Dans une interview d’une platitude consternante, Papouni, ce général qui a préféré la bagarre des estrades politiques à celle que mènent en ce moment ses frères d’armes, étale tour à tour pleutrerie, dénonciation calomnieuse, vision étriquée, ego surdimensionné. Toutes ces rares qui font qu’il pourrait être rangé dans l’armoire des erreurs de l’histoire nationale. Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DÉSINTOX de construction massive. Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

La pleutrerie 

INTOX

Dans une interview récemment accordée au confrère ‘’L’Aube’’, à la question de savoir s’il a des regrets après avoir troqué l’uniforme contre la veste, Papouni répond : « en quittant l’armée, je continue toujours à mettre ma petite expérience de militaire au service de notre armée et de nos forces de défense et de sécurité ».

DÉSINTOX

Vraiment petite cette expérience puisqu’elle n’a été d’aucun secours pour épargner à l’armée malienne, en 2012, sa plus lourde débâcle et une humiliation ineffable. En fait, ce galonné général a-t-il jamais eu une vraie expérience militaire aux antipodes de l’accumulation de parchemins ? La conscience de cette expérience, si elle existait, lui imposerait de ne pas abandonner ses compagnons au front pour se pavaner sur les estrades politiques. Un militaire ne démissionne pas en temps de guerre et le Mali est bel et bien en guerre. Papouni a donc fui et il s’appelle un pleutre. Il n’a pas pu défendre les Maliens avec les armes et les munitions, l’armée étant le seul métier qu’il a toujours connu ; il veut les défendre par les discours politiques enchanteurs. C’est quelle histoire à dormir debout que celle de ce militaire entré par effraction en politique qui s’érige en donneur universel de leçon ? Il abandonne ses compagnons d’armes et prétend partager avec eux sa chimérique expérience militaire. C’est du n’importe quoi.

La suffisance

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A la question relative au regard qu’il jette sur la situation politique, économique et sociale du pays, Papouni : « je dirais tout simplement que toutes ces difficultés ont un seul responsable, un seul nom : le Président Ibrahim Boubacar KEITA »

DÉSINTOX

Le prosaïsme du discours est affligeant. Plus vitupérant que jamais, Papouni déblatère sur Papa qui devrait pourtant mériter toute sa reconnaissance. En tout cas, beaucoup plus qu’une obsession névrotique de cancanerie et de dénonciation calomnieuse de sa part, beaucoup plus que ses ruades dans les brancards et autres trémolos. Voici un protégé qui se plaît dans le rôle de poil à gratter de Papa qui a veillé de bout en bout à son confort personnel : ministre de l’Administration territoriale, Directeur de l’École de maintien de la paix avec tous les avantages liés au poste, impasse sur les erreurs et les impairs du passé, si ce n’est plus grave que cela… Charles Pinot Duclos disait dans les considérations sur les mœurs de ce siècle (1751) : ‘’l’ingratitude demande sans peine, reçoit sans pudeur, et oublie sans remords’’. Par ses atteintes répétées aux mœurs de ce pays, Papouni s’est certainement tiré une balle dans le pied. Comment avoir confiance en un individu guidé par un instinct grégaire insatiable, dont l’estomac est perpétuellement en proie à des crampes ? Les jérémiades de Papouni sont à analyser sous le prisme d’un ego surdimensionné. Or, l’envie et l’orgueil font partie des 7 péchés capitaux dont il faut se garder pour rester sur une voie vertueuse.

L’indécence

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« Nous nous battons, tous les jours, afin justement de conduire le pays vers le changement. (…)La sécurité, on ne l’aura pas tant que ce régime est là ».

DÉSINTOX

Possible, mais ce régime n’est pas arrivé aux affaires comme dans une prairie où coulaient le lait et le miel et où les habitants vivaient dans la paix paradisiaque. Ce régime est arrivé après le passage désastreux à la tête de l’État de ceux qui ont livré, en trois les trois régions du Nord, à une horde jihado-rebelle, tout en faisant la bamboula à Kati et à Bamako. La matière grise du chef des putschistes devrait avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que l’insécurité dont il affuble les autres, il en est un des principaux auteurs en tant que militaire formé à la douleur du contribuable malien qui a échoué lamentablement dans sa mission de protection des personnes et des biens. La décence, pour Papouni, commandait de zapper ce sujet sur lequel il n’est pas du tout à son avantage.

La paranoïa

INTOX

Le général fuyard résume l’insécurité au Centre au profit que peuvent en tirer certains. Il argumente : « vous voyez tout l’argent qui est sorti des caisses de l’État pour des questions sécuritaires ou de ce qu’ils appellent la montée en puissance des forces de défense. Mais sur le terrain aucun résultat ».

DÉSINTOX

C’est sidérant une vision aussi étriquée d’une situation aussi complexe ; une explication alambiquée peu honorable. Et dire que ce Papouni a été présenté comme un foudre d’intelligence, la fine fleur de l’armée malienne ! La réputation est vraiment surfaite.

Aucun résultat ? C’est trop simpliste quand même. C’est vrai que les gens continuent à mourir du fait d’une mutation d’un conflit que rien ne présageait, a priori et de sa gestion insatisfaisante. Mais, au moins il est révolu le temps où à la première escarmouche les gars détalaient tels des lapins jusqu’à Kati prétextant d’un manque de tout, sauf de l’âme au combat. Papouni a connu cette époque peu glorieuse de la vaillante armée malienne, parce qu’elle ne remonte qu’à 2012. C’est blasant les amalgames et les schémas réducteurs. Pour autant, il faut concéder au général défroqué que tout de ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes au Mali, au plan sécuritaire. Mais Papouni serait mieux inspiré de se garder des publicités mensongèrement insidieuses, un sport auquel il s’exerce avec peu de bonheur.

Source: info-matin

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