Pour la mise en place du conseil souverain au Soudan : La coalition civile tente de faire pression avec une grève de 48 h

Après la suspension des pourparlers entre les putschistes au pouvoir et la coalition civile pour la mise en place du conseil souverain, un organe qui va mener la transition jusqu’aux élections, la coalition civile initie une grève de  48 heures  dans tous les secteurs en vue de mettre la pression sur les militaires pour qu’ils rendent  vite le pouvoir aux civils.

 

La coalition civile a appelé à 48 heures d’arrêt de travail à partir de ce mardi 28 mai, pour faire céder les militaires putschistes  qui ont pris le pouvoir après Omar el-Béchir. Vu que plusieurs pays et organisations internationales, dont les États-Unis, l’Union africaine, l’ONU et l’Union européenne avaient appelé à la mise en œuvre d’une transition « vraiment dirigée par les civils », des pourparlers étaient en cours pour mettre en place un conseil souverain qui assurera le reste de la transition jusqu’à l’organisation des élections. Mais si les deux  camps à savoir, le conseil  militaire de transition  et la coalition des forces civiles  avaient réussi à délimiter  la durée de transition fixée à trois ans, elles  ne sont pas jusque-là d’accord sur sa composition et sa présidence, car,  chacune des deux  parties veut être à la tête de ce conseil ou avoir une majorité à l’Assemblée législative. Pour réussir cette grève de 48 heures, les civiles adoptent plusieurs méthodes à travers  des communiqués et conférences  pour mobiliser les Soudanais, comme l’explique la porte-parole de l’association  des professionnels, Rashid Saeed : « On s’entend à une grosse participation. C’est une grève politique d’avertissement aux militaires pour accélérer le transfert du pouvoir ». Cela a permis  d’avoir l’adhésion de beaucoup de  corporations comme les salariés du secteur pétrolier, portuaire, les vétérinaires, les avocats contrairement à  ceux de l’électricité et de l’eau  qui sont restés fidèles en continuant le service et celui également du parti Oumma, principal parti de l’opposition qui s‘est désolidarisé du mot d’ordre de grève. Sur ce point, Rashid Saeed indiquera que « cela crée l’incompréhension. La grève avait pourtant été votée à l’unanimité ». Mais une source diplomatique indique que Oumma  a souvent eu une position ambigüe : « Le parti cherche à obtenir quelque chose des militaires et pense surtout  aux prochaines élections ». Et pour RFI, pas sûr que la grève fasse céder  les soldats puisque les dirigeants  du conseil militaire de transition ont en effet été reçus solennellement  par les trois grandes puissances arabes ce week-end. Selon RFI, le général Hemeti numéro deux du régime était en Arabie Saoudite vendredi et samedi. Quant au N°1 du conseil, le général Abdel Fattah Burhan, celui-ci s’est rendu d’abord en Égypte, puis aux Emirates unis le dimanche.  Pour dire que ces voyages ont été l’occasion pour les Soudanais d’affirmer quelques principes à savoir le soutien indéfectible à la coalition arabe dans la guerre au Yémen. Sachant que des soldats soudanais y combattent depuis le début contre les rébellions houthie soutenue par l’Iran, mais aussi le parrainage politique et financier de puissants protecteurs.

ISSA DJIGUIBA

Le Pays

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