En Espagne, Macron peine à faire oublier l’affaire Benalla

Emmanuel Macron était en Espagne ce jeudi 26 juillet. Pour cette visite officielle, il a rencontré le chef du gouvernement espagnol. Pedro Sanchez était déjà venu à Paris en juin dernier et tous deux auraient aimé pour cette fois donner l’image de deux responsables œuvrant à la relance de l’Europe. Mais d’un côté, il y a un Emmanuel Macron de plus en plus isolé dans l’Union européenne, et de l’autre un Pedro Sanchez qui cherche à se donner une stature internationale. Le tout, mélangé à des scandales de politique intérieure qui les touchent chacun de leur côté.

Avec notre envoyée spéciale à Madrid, Anissa El Jabri

Il y a les mots « tempête dans un verre d’eau », « je suis un président de la République au travail qui continue et que rien ne troublera ». Un Emmanuel Macron qui minimise le scandale, tente de reprendre l’initiative. Mais il y a aussi ce fugace sourire ironique d’un président visiblement très agacé quand, à Madrid, fusent, et d’abord de la presse espagnole, des questions sur le climat politique en France.

« Tout cela est quand même beaucoup une tempête dans un verre d’eau. Pour ma part ce qui m’importe, et ce qui importe à nos concitoyens, c’est qu’une loi sur la formation professionnelle ait pu être votée à l’Assemblée, c’est qu’une loi sur l’asile et l’immigration est en train d’être discutée à l’Assemblée. Et nous allons poursuivre », a déclaré le président français lors de la conférence de presse.

Emmanuel Macron voudrait tant envoyer des images de sérénité, mais il trébuche. Le bain de foule prolongé dans les Pyrénées hier était au final une entorse inédite au protocole. Le président français a fait attendre plus d’une demi-heure le roi pour dîner, pas de quoi améliorer sa cote déjà écornée en Espagne par le feuilleton Benalla.

Pedro Sanchez également fragilisé

Emmanuel Macron comptait aussi sur l’allié Pedro Sanchez pour se poser en tandem de réformateurs en Europe. Sauf que le socialiste, déjà sans majorité parlementaire, est lui aussi fragilisé par un scandale de politique intérieure : une histoire d’avion gouvernemental emprunté pour un concert de rock. « C’est une fausse polémique. Une polémique artificielle. Laissons tomber les polémiques artificielles et occupons-nous des vrais problèmes des citoyens », a répondu hier le président du gouvernement espagnol.

Les deux hommes ont beau rappelé leur unité de vue presque parfaite sur une réforme de la zone euro ou sur la politique migratoire, impossible pour eux de reprendre la main.
rfi

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