Asie du Sud (Maldives): une dictature qui ne dit pas son nom

Les Maldives, pays d’Asie du Sud, traversent depuis lundi une situation qu’on pourrait qualifier une impasse politique. Un véritable bras de fer existe entre le président et l’opposition qui sollicite en fin de compte une coalition internationale afin de destituer le président Abdulla Yameen qui décide de s’ériger en dictateur.

Lundi 5 février 2018, le président Maldives Abdulla Yameen  déclara un état d’urgence de quinze jours à compter de ce lundi. Cela fait suite à la mise en liberté de quelques prisonniers du parti d’opposition parmi lesquels son demi-frère, Maumoon Abdul Gayoon (ex-président des Maldives) par la Cour Suprême Maldives.  La cour a également annoncé la réintégration des députés de l’opposition qui avaient été démis de leur fonction par M. Yameen. Avant d’agir, la Cour suprême a bien voulu coopérer avec le président pour qu’ils se mettent d’accord de la libération de ces hommes, mais M. Yameen s’entêta. Devant son refus flagrant, les juges prirent leur responsabilité, puisque n’ayant pas de charges réelles contre les condamnés, en libérant ces prisonniers.

En conséquence de cette libération, le président de la Cour suprême, Abdulla Saeed, et un autre juge ont été arrêtés mardi sous l’autorisation du président Yameen pour corruption par des policiers.  Suite à cette arrestation, le chef de l’État s’est prononcé le soir en évoquant des arguments fallacieux qui constitueraient selon lui la raison fondamentale de l’état d’urgence du lundi et de  l’arrestation de ces deux hommes mardi: « J’étais dans l’obligation de déclarer l’état d’urgence, car il n’y avait aucun autre moyen d’enquêter sur ces juges. Nous devions d’abord suspendre leur autorité et leur immunité. Oui, nous devions découvrir jusqu’où va la conspiration ou le coup d’État. »  Le président accuse l’opposition de vouloir lui faire un coup en le faisant partir du pouvoir pour occuper son poste. Voilà pour quelle raison, l’état d’urgence et tout ce qui s’en suit ont eu lieu. L’arrestation du président de la Cour suprême ainsi que de ce juge intervient comme si cela allait calmer la situation. Quant à l’état d’urgence, c’était pour empêcher toutes ces formes de mouvements.

Par contre, l’opposition trouve que cet état d’urgence constitue une illégalité de la part du président qui n’a d’autres préoccupations que la conservation de son pouvoir ; un pouvoir qui devient de plus en plus dictatorial ; qui n’a plus d’autres options que de tenter de faire taire l’opposition voire de se retrouver dans un pays sans opposition comme aimeraient le faire beaucoup de pays parmi lesquels se figure le Mali de ces dernières années.

Par conséquent, tout ce qui reste à faire est d’envisager la destitution de M. Yameen. Pour ce faire, l’opposition sollicite l’aide des États-Unis et de  l’Inde. Du côté des États-Unis, elle recommande une suspension des financements américains en Maldives.

Par ailleurs, le mardi 6 février, les manifestants s’étaient réunis devant la Cour suprême pour dénoncer ces arrestations arbitraires des membres de l’opposition  et des juges. Pour répliquer  contre cette manifestation, le chef de l’État ordonna l’usage de la violence en dispersant les manifestants par coups de gaz lacrymogènes.

Tout compte fait, l’opposition reste optimiste vis-à-vis de ce comportement du parti présidentiel. Il voit dans cet acte une manifestation de peur face à l’opposition ; il se voit en situation de faiblesse, de perdant lors des élections prochaines qui doivent bientôt avoir lieu. Les Maldives traversent présentement une réelle crise politique à travers ce régime dictatorial qui ne dit pas son nom.

Fousseni TOGOLA

Le Pays

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