Objection : Alpha et Oméga

Ainsi pourrait-on surnommer notre Premier ministre, qui cumule les fonctions de ministre de l’Economie et des Finances avec celui de chef du gouvernement, patron de l’administration. Il est donc au début et à la fin de tout, notamment en matière financière. Qui est alors fou pour se faire hara-kiri en cas de pépin ?

 

Alpha et Oméga est donc celui qui encaisse l’argent public, exécute les dépenses publiques et ordonne le contrôle de gestion des finances de l’Etat.

Même si sous les régimes précédents de l’ère démocratique, il nous a été donné de voir des époux et des épouses se remplacer au gouvernement, de voir des frères même père même mère, des beaux-frères et des belles-sœurs sur la même table du conseil des ministres, etc., c’est bien la première fois que les Maliens sont obligés d’avaler une telle couleuvre.

C’est la preuve, d’une part, que les compétences sont écrasées dans ce pays et que le boss n’aime pas voir aux postes « névralgiques » des gens capables de soutenir un point de vue contraire au sien ; on ne peut en tout cas pas s’empêcher d’avoir le sentiment qu’un groupe de pression a intérêt à ce cumul de fonctions aux antipodes du discours officiel qui fait la louange de la décentralisation-déconcentration ou de la promotion de l’emploi des jeunes… Sans plus.

D’autre part, c’est la caricature d’une pensée de feu Thomas Sankara, icône de la révolution burkinabé en 1984, qui soutient que « l‘esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort… »

Gonga ! Cette situation est un témoignage de la démission des Maliens face aux coteries qui les bluffent depuis plus de deux décennies… sous le couvert d’une démocratie-camisole de force. Ils gobent tout. Ils acceptent tout, en se remettant à Dieu.

C’est ainsi qu’on nous impose des Supermans ; on nous oblige à voir des hommes limogés pour faute lourde, revenir en catastrophe par la grande porte à des postes plus « juteux ». C’est ainsi que le discours change du jour au lendemain sur la dette intérieure, sur les revendications des syndicats d’enseignants, sur la grève de la faim des cheminots, etc. sans conséquence pour son auteur après que le mal fut fait.

Qui a dit que Charbonnier est maître chez soi ?

Majid

Source : Le Focus

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