La solution Moussa Mara pour sauver le Mali

Depuis le tweet du 2 octobre dernier du Général Moussa Sinko Coulibaly relevant qu’  » il est impérieux de mettre fin au régime incompétent (du président IBK) pour abréger la souffrance du peuple  » le spectre du coup d’Etat militaire hante de nouveau le landerneau politique malien et donne du blé à moudre aux média nationaux et internationaux.

 

Pour sa part, le parti SADI de Dr Oumar Mariko qui, comme Gal Moussa Sinko Coulibaly, fut proche des mutins-putschistes du 22 mars 2012, porte sa préférence à «  un grand mouvement insurrectionnel pour contraindre à la démission le régime IBK « .

La démission, mais sans contrainte aucune, est préconisée de son côté par un ancien  » camarade militant  » de l’actuel président au sein de  » l’Association des Etudiants et Stagiaires Maliens en France  » (AESMF) dans les années 1969-1972 à Paris, dont toute la carrière s’est déroulée à l’international, notamment à la FAO à Rome où il  a servi 22 ans d’affilée.

Dans la lettre ouverte qu’il a fait publier à cet effet dans L’Indépendant du 16 Octobre 2019, il l’invite à « un abandon du pouvoir  » qui serait  » un acte noble et justifié  » et l’éleverait «  à la digne réplique  » de son illustre ancêtre Abubakari II, l’empereur du Mandé qui a abdiqué de son trône en 1312  pour aller à la découverte des terres au-delà de la mer (l’Amérique). Tout en lui rappelant cette sagesse selon laquelle  » il existe une vie après le pouvoir « .

Ces appels à un départ forcé ou consenti de plein gré du pouvoir surviennent dans un contexte de fragilité institutionnelle extrême : le président de la République reste l’unique institution pouvant se prévaloir d’une légitimité constitutionnelle, les autres institutions élues, l’Assemblée nationale et le Haut Conseil des Collectivités étant frappées d’obsolescence.

Il s’y ajoute que le pays est  » en état de survie  » selon le mot d’IBK lui-même, à cause de la précarisation de la situation sécuritaire. Elle-même découlant à la fois des tueries commises par les groupes terroristes et des massacres et dévastations résultant des conflits intercommunautaires.

Enfin la suspension de la participation de la CMA à la mise en œuvre de l’Accord du 15 juin 2015 fait peser une lourde hypothèque sur le retour de la paix et de la stabilité au nord.

Face à ses défis,  » le dialogue national inclusif  » apparaissait comme l’ultime bouée de sauvetage. Mais il faut bien constater qu’il est déjà un échec avec la perte de son inclusivité liée au retrait de la partie la plus représentative de l’opposition politique : l’URD de Soumaïla Cissé, le RDpM de Dr Cheick Modibo Diarra, Fare Anka Wili de Modibo Sidibé, SADI de Dr Oumar Mariko, le CNID de Me Mountaga Tall, Dr Choguel Kokalla Maïga du MPR etc.

Plusieurs organisations de la société civile ont aussi annoncé leur non-participation. Idem pour la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et le Haut Conseil islamique, ce dernier invoquant sa  » non association  » à l’événement. Ce qui serait une énormité.

Le risque est donc réel qu’au sortir de ces assises le gouvernement ne soit tenté de mettre en œuvre des résolutions adoptées dans un cadre non consensuel. Une telle démarche ouvrirait inéluctablement la voie à des contestations de rue susceptibles d’entrainer le pays dans un engrenage de la violence aux conséquences incalculables.

Aussi l’appel lancé par l’ancien Premier ministre Moussa Mara qui, tout en étant  de l’opposition participe au dialogue, pour que  » le président de la République et le Chef de file de l’opposition s’entendent sur un Premier ministre et forment un gouvernement d’union nationale avant le 15 janvier 2020  » est une opportunité, peut-être la seule qui reste à explorer.

Ce gouvernement, qu’il veut restreint à 25 membres par souci d’efficacité, sera formé sur la base d’un nouvel accord politique à conclure au plus tard avant fin 2019. Il devrait prendre en compte, de notre point de vue, les résolutions issues du dialogue, bien sûr, mais aussi certains desiderata des forces politiques et sociales qui n’y auront pas participé.

Sa tâche urgente sera de renouveler l’Assemblée nationale pour qu’elle puisse adopter les réformes tant attendues avant mai 2020, date à laquelle expire la prorogation d’une année de l’actuelle  Assemblée.

Saouti  HAÏDARA

Source: l’Indépendant

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