Vagues de revendications d’infrastructures routières : Les risques croissants de régionalisme !

Depuis le mois d’août dernier, une violente vague de revendications s’est accaparée de plusieurs régions du Mali. Ces revendications, essentiellement orientées vers la réhabilitation ou même la construction de nouvelles infrastructures routières, donnent lieu à des risques de plus en plus croissants d’idéaux régionalistes dans un pays profondément fragilisé par une crise multidimensionnelle depuis plus près d’une décennie. Qu’adviendrait-il du Mali si chacune des régions du pays se mettait soudainement à exiger de meilleures conditions de vie pour ses fils ?


Le malaise est parti du blocus sur l’axe routier Kayes-Kati-Bamako, le 23 Août. Le dénouement de cette démonstration de force qui avait paralysé l’activité économiques, et faisant perdre aux impôts, des centaines de millions de nos francs, a inspiré une lutte similaire à la jeunesse de Tombouctou en début du mois de septembre. Puis, ce fut le tour des jeunes de Bougouni et Gao qui ont fini par entrer la danse, soulevant ainsi une forte tempête de protestations dans de nombreuses régions du pays.
Le gouvernement qui semble pris par la gorge, avait voulu faire le dilatoire aux premières heures des manifestations. Mais, s’être rendu compte de la gravité des menaces que celles-ci faisaient planer sur l’économie nationale déjà exsangue, s’est empressé pour prendre le taureau par les cornes en vue d’éviter tout débordement ou dégénérescence du front social en gestation.
Si les récentes mesures officiellement annoncées par le gouvernement Boubou Cissé pour calmer les ardeurs à Kayes et Tombouctou, les jeunes de Gao et Bougouni se montrent de plus en plus exigeants sur leur sort. Cela sous-entend clairement que le Gouvernement a encore du pain sur la planche et que l’administration n’aura encore pas été sortie de l’auberge, au regard du nouveau foyer d’instabilité que crée progressivement l’ébullition sociale en cours.
Pis, c’est la dimension régionaliste que prennent rapidement ces manifestations spontanées. Chaque région du Mali semble désormais vouloir montrer ses muscles pour que l’Etat se tourne véritablement vers ses problèmes locaux. Aucune entité régionale ne voudrait dorénavant se laisser faire, « car si tu t’endors, c’est pour toi qui s’en va ! », disent, de façon triviale, les régionaux.
Ce phénomène prédispose sûrement le Mali à des risques de régionalisme quand on sait surtout la très lointaine distance parcourue par le pays avant d’en arriver là. Ces risques croissants d’idéaux régionalistes ne pourraient, en effet, que fragiliser davantage l’unité nationale et exposer, tôt ou tard, la nation à d’imprévisibles dégâts si, dès à présent, les autorités en place ne prennent pas de réelles dispositions pour venir à bout de cette crise naissante.
Moulaye DIOP

Source: Le Point du Mali

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