Usage et distribution des monnaies contrefaites : Il faut craindre le pire

Le faux-monnayage est la contrefaçon de la monnaie. Du point de vue juridique, il s’agit d’une infraction consistant à fabriquer, détenir, ou à utiliser de la fausse monnaie. Dans certaines données, le phénomène du faux monnayage remonte probablement de même que l’usage de monnaie. De ce fait, toutes les monnaies ont malheureusement connu cette problématique. L’usage et la distribution de ces monnaies contrefaites prennent de l’ampleur. Dans ce phénomène qui demeurant loin d’être maitrisé par les économistes et les secteurs bancaires, le pire est à craindre.

 

L’histoire nous apprend que le faux-monnayage a parfois été utilisé par certains pays comme un moyen pour affaiblir des pays ennemis. De ce fait, l’idée consistait à submerger l’économie de l’ennemi avec de la fausse monnaie afin de faire baisser la valeur de sa monnaie. C’est ce que fit selon le site « Wikimédia », la Grande-Bretagne pendant la guerre d’Indépendance américaine. En 1926, nous indique la même source, un scandale de grande ampleur est déclenché avec l’arrestation aux Pays-Bas de plusieurs personnes impliquées dans un trafic de faux billets de 1000 francs français. En outre, 10 millions de francs provenant de Hongrie étaient saisis. De jour en jour, les usagers et les distributeurs de fausses monnaies poursuivent leurs missions. Malgré des arrestations, la force du mal sévit, et le phénomène se métastase comme une sorte de cancer. Les économistes et différents secteurs bancaires tentent de trouver un remède à la problématique. Mais hélas ! Le trajet à parcourir reste certainement long pour les acteurs afin de pouvoir enfreindre ceux qui s’adonnent à cette pratique. Quasiment, nous pouvons donc dire que les banques ont presque montré leurs limites dans la lutte contre le faux-monnayage. Car, plus des arrestations et des saisines de faux billets se passent, plus les acteurs sortent avec d’autres stratégies de contre-monnayage. Au sein des grandes villes comme dans des campagnes, la situation est assez critique et le pire est à craindre. Cela, dans la mesure où les semeurs de ce fléau deviennent de plus en plus nombreux, incontrôlables, et indomptables. En effet, le cas de Hamadou Sangaré, né le 17 novembre 1985 à Banankoro, cercle de Kati, en est un exemple précis. Ce commerçant marié et sans enfant, était domicilié à Bamako. Il était poursuivi pour « utilisation et distribution des signes monétaires contrefaits ». En effet, l’inculpé s’était, courant le 06 septembre 2018, rendu dans le village de Nany, dans la commune rurale de Dogo, cercle de Bougouni. M. Sangaré s’’est alors présenté dans la boutique du sieur Kolé Traoré avec l’intention de faire des achats avec des faux billets de banque. Des billets qui, grâce à la vigilance et à la prudence du boutiquer Kolé Traoré, ne passent pas inaperçus. Juste après avoir su que les billets de Sangaré sont faux, Kolé a immédiatement appelé un conseiller municipal. Ensemble, ils ont donc conduit M. Sangaré à la Gendarmerie de Bougouni. C’est là qu’une fausse somme de 170 000 F CFA a été retrouvée dans les effets de Hamadou. Interrogé, l’inculpé cherchait à se sauver la tête et arguait que le faut argent provient d’un certain Kassé sans donner d’autres précisions. Par la suite, il explique que le nommé Kassé lui avait remis les faux billets à Bamako pour qu’il les utilise en milieu rural et singulièrement dans la commune rurale de Dogo, dans le cercle de Bougouni. Hamadou avoue être à sa première fois dans l’usage de monnaies contrefaites. Ainsi inculpé d’« utilisation et de distribution de signes monétaires contrefaits », Hamadou donne une version contraire à la première en expliquant avoir reçu lesdits faux billets dans une opération de vente d’or à Bamako. Puis d’ajouter qu’il ignorait les détenir au moment où il tentait de faire ses achats à Nany. Dans son audience du mardi 12 novembre 2019, la Cour d’assises de Bamako l’a condamné à deux ans de prison. Vu les faits, le pire est à craindre dans cette histoire de faux-monnayage avec la recrudescence des réseaux fabriquant. Dans une publication de « France2 » en date du 11/10/2019, nous avons appris l’augmentation des arnaques aux faux billets en France. Des billets appelés « Movie money » qui sont en réalité des accessoires de cinéma et qui attirent de plus en plus de fraudeurs. Cette même source précise que des malfaiteurs s’en servent de plus en plus pour payer dans des commerces. Des comportements ayant fait que des milliers de signalements ont été faits depuis cet été en France, lit-on dans ladite publication. A cette allure, le pire est forcément à craindre dans la mesure où le phénomène a toujours existé et que le défi reste toujours à relever par les acteurs du monde économique et bancaire. Avec la prolifération du banditisme, du terrorisme, de trafic d’arme, et de drogue qui peuvent favoriser la non-maitrise de ce fléau, nous pouvons, sans nul doute, dire que le pire est à craindre dans cette histoire de contrefaçon du système monétaire national et international par des réseaux qui se trouvent un peu partout à travers le monde.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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