Sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali: les acteurs s’engagent à donner une réponse satisfaisante

L’Escale gourmande sise à Hamadallaye ACI 2000 a abrité, hier mercredi 5 février, la 15e session du comité de coordination et de suivi des politiques et programmes de sécurité alimentaire. La cérémonie était présidée par le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire, Kassoum DENON ; en présence de la représentante et directrice pays du Programme alimentaire mondial, Silvia CARUSO ; des représentants des ministères sectoriels impliqués et les acteurs du dispositif de sécurité alimentaire.

Au cours de cette session, les participants ont examiné et approuvé l’état de mise en œuvre des recommandations de la 14e session ; fait l’évaluation provisoire de la situation alimentaire faite par le Système d’alerte précoce à travers le cadre harmonisé ; examiné le bilan du Plan d’opération 2019 ; examiné la programmation 2020 et son budget d’exécution axés sur les résultats du dispositif national de sécurité alimentaire.

Les participants se sont également penchés sur le bilan du plan national de sécurité alimentaire 2018 et son planning provisoire d’atténuation des difficultés identifiées auprès des couches vulnérables.

Dans son intervention, la représentante et directrice pays du programme alimentaire mondial dans notre pays, Silvia CARUSO, a affirmé que cette session est un cadre important en ce sens qu’elle fournit l’espace de dialogue et de choix décisionnels témoignant de l’attention portée par le gouvernement sur la thématique de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Elle a apprécié les efforts mis en œuvre en 2019 pour avancer dans la réforme du dispositif national de sécurité alimentaire et notamment l’adoption de la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle qui permettra de mettre au centre la sécurité alimentaire et sa dimension multisectorielle dans les années qui viennent. Pour la responsable du PAM, ce nouveau cadre institutionnel renforcera les liaisons et interactions entre les politiques de développement rural, les politiques sociales et les politiques de développement institutionnel tout en intégrant les priorités résilience pays.

« L’efficacité du DNSA est au cœur de nos préoccupations pour qu’il puisse réponde de façon efficace, efficiente et transparente à l’ampleur des besoins identifiés par le cadre harmonisé et assurer un suivi de la sécurité alimentaire dans le pays. Ceci, non plus de manière saisonnière, mais tout au long de l’année pour répondre aux défis structurels qui se posent désormais, en lien avec les outils développés en particulier par les politiques sociales », a affirmé Mme Silvia CARUSO.

Elle a signalé les difficultés rencontrées par le DNSA ces trois dernières années pour répondre de façon coordonnée, dans le temps et à l’échelle à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui touche les plus vulnérables. Cependant, a-t-elle salué les efforts du ministre Commissaire à la sécurité alimentaire pour relever beaucoup de défis.

La directrice pays du PAM a évoqué la situation de sécurité alimentaire et nutritionnelle qui est extrêmement critique cette année selon le cadre harmonisé de novembre 2019, avec plus de 3,6 millions de personnes en insécurité alimentaire et nutritionnelle dont 650 000 actuellement en phase 3 et 4 et plus de 4,9 millions de personnes qui ne mangeront pas à leur faim d’ici juin 2020.

Pour Mme CARUSO, l’intensification des conflits, les tensions communautaires et leur impact sur les communautés sont devenus le principal moteur de l’insécurité alimentaire dans les régions du nord et du centre du Mali.

Le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire, Kassoum DENON, a informé que les taux d’exécution physique et financière du PO/PNR 2019 sont respectivement de 70,35% et 85,34%.

Après avoir fait le point sur la situation de la campagne agricole 2019-2020, le ministre Kassoum DENON, a indiqué que les résultats du dernier cadre harmonisé (en situation courante) font ressortir que 38 756 personnes sont en phase urgente, soit 0,19% et 609 574 personnes en phase critique, soit 2,97% de la population. Il a ajouté que le nombre de personnes se trouvant en phase sous pression est de 2 936 061 personnes, soit 14,30%.

S’agissant de la situation projetée (juin à août 2020), le Commissaire à la sécurité alimentaire a souligné que 111 9981 personnes sont identifiées en urgence et 1 005 003 personnes en crise. Le nombre de personnes se trouvant dans la phase 2 est de 3 778 546, soit 18,40% de la population.

Face à cette situation, le ministre DENON a réitéré l’appel à l’endroit des partenaires techniques et financiers et des ONG pour conjuguer ensemble les énergies afin d’apporter les réponses adéquates aux populations vulnérables et au cheptel dans le besoin.

PAR MODIBO KONE

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