Relance du trafic ferroviaire d’ici 6 mois: le gouvernement maintient sa promesse

Le député élu à Bafoulabé, Boubacar D. SISSOKO, a adressé, le vendredi 27 octobre, des questions orales au ministre des Transports et de la mobilité urbaine, Ibrahima Abdoul LY, relatives aux problèmes de la Régie du Chemin de fer paralysée depuis des années. Au cours de l’exercice, le ministre a affirmé que l’Etat tiendra à sa promesse pour la relance du trafic ferroviaire national d’ici 6 mois sous réserve des aléas liés aux délais incompressibles pour la fourniture par les fabricants.

 

Le ministre Ibrahima Abdoul LY s’est prêté aux questions de l’honorable Boubacar D. SISSOKO, élu à Bafoulabé, devant l’Assemblée nationale. La séance était présidée par le vice-président de l’AN, Moussa TIMBINE. Les interrogations du député étaient relatives à la gestion de la Régie du Chemin de fer.
Ce service est paralysé depuis quelques années, alors qu’il a été mis en concession en 2003 pour améliorer sa gestion. Selon le ministre, cette concession a été décidée avec pour effet de bénéficier d’investissements importants auprès des partenaires techniques et financiers qui l’exigeaient. Mais, elle a produit les effets contraires. « Les retombées de la concession du Chemin de fer sont négatives à tous égards. Sur le plan social, l’Etat a payé dès le 1er Octobre, un montant de 8 milliards de FCFA aux personnels déflatés dans le cadre du plan social. Le passif de 20 milliards de l’Ex-RCFM reste à apurer à cette date », affirme le ministre LY, tout en soulignant qu’à sa nomination il n’y avait rien à la Régie du Chemin de fer.
La concession était un espoir de relancer les activités ferroviaires. Toutefois, tel n’a pas été le cas. C’est pourquoi, a-t-il signalé, la convention a été résiliée le 7 mars 2016, en laissant un lourd héritage A ce jour, la Régie est confrontée à de nombreux défis relatifs, entre autres, aux infrastructures ferroviaires impraticables faute de maintenance, un parc de trois locomotives en état de marche sur une vingtaine et un passif très élevé.
Pourtant, demande l’honorable SISSOKO, à la veille de l’élection présidentielle, l’Etat avait déclaré depuis Pretoria, l’acquisition de 3 locomotives grâce à un partenariat avec une société Dubaï Port-Word des Emirat-Arabes pour pallier au problème de locomotives. Une année après, où en sommes avec cette convention ?
Répondant à son interpellateur, le ministre Ibrahima Abdoul LY précise que la convention n’est pas arrivée à son terme à cause des observations formulées par l’Etat malien. A l’entendre, ce n’était pas une promesse vide pour mobiliser l’électorat, à l’époque. Et, c’est compte tenu des observations de la partie malienne que la convention a été relue, le 13 septembre dernier, a indiqué le ministre LY. Ainsi, en lieu et place des locomotives qui étaient prévues, la société payera un droit de l’entrée de 3 900 000 dollars soit près 2 milliards de FCFA.
Par ailleurs, poursuit-il, tenant à sa promesse de relancer les activités ferroviaires, le gouvernement vient d’approuver, lors de son Conseil des ministres en date du 2 octobre 2019, un plan reprise du trafic ferroviaire national. La mise en œuvre de ce plan est estimée à plus 9 milliards de FCFA. Ce montant est destiné notamment à réhabiliter 19 gares ferroviaires, des dépôts et ateliers de maintenance, ainsi que l’acquisition d’outillage pour l’entretien et la maintenance du matériel roulant. Aussi, servira-t-il à la remise à niveau de la voie entre Bamako et Diboli (589 km), à la location avec option d’achat de quatre locomotives reconditionnées, à la réparation et la remise en état de 31 voitures, fourgons bagages et générateurs, entre autres.
« Il est évident que le redémarrage du trafic ferroviaire après un arrêt prolongé est toujours une opération technique et financièrement complexe. Cependant les dispositions sont en cours pour réaliser cet objectif dans le délai fixé, sous réserve des aléas aux délais incompressibles pour la fourniture par les fabricants de certaines pièces de rechange indispensables pour la remise en état des voitures-passagers, ainsi que l’équipement des ateliers et dépôts de maintenance », a déclaré le ministre des Transports et de la mobilité urbaine.

Par Sikou BAH

Source : Info Matin

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