Production d’or : YATELA PRÉPARE LA FERMETURE DE LA MINE

Afin de toucher du doigt la situation réelle sur le terrain, la ministre des
Mines et du Pétrole s’est rendue sur les sites miniers de la région de Kayes.

 

Du 27 février au 2 mars, la ministre des Mines et du Pétrole, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, a effectué une visite de terrain dans la région de Kayes. Cette visite s’est déroulée précisément dans les sites miniers de Sadiola et de Yatela. L’objectif était une prise de contact avec les professionnels des mines de la première la région.

Avant de se rendre sur le terrain, la délégation ministérielle s’est rendue chez les chefs de village de Sadiola et de Krouketo. Au cours des échanges, les populations ont pu exprimer des préoccupations au rang desquelles, l’on peut noter le manque d’emploi, la préparation de l’après mine et le manque d’espace pour l’agriculture.

Après avoir recueilli les préoccupations des populations locales, la délégation ministérielle s’est rendue sur les sites miniers de Sadiola et de Yatela. Les visiteurs se sont beaucoup attardés dans les usines de traitement des deux mines, même si celle de Yatela n’est plus en activité.

Concernant la mine de Yatela, la première étape a consisté à la signature entre la mine et l’Etat, d’un contrat de cession.

La mine de Yatela gérée par la Société d’exploitation des mines d’or de Sadiola (SEMOS-sa) doit, par ce contrat, verser une somme à l’Etat malien, pour le financement des travaux de fermeture conformément à un plan approuvé par une commission mise en place, il y a maintenant deux ans, a expliqué Mme Lelenta Hawa Baba Ba. Pour ce qui concerne la mine de Sadiola, la ministre des Mines et du Pétrole a expliqué que la SEMOS-sa veut procéder à la vente de ses actifs à une autre compagnie. Ce que l’Etat n’est pas obligé d’accepter parce qu’il est actionnaire à 18%.

Sur ce point, la société a été déjà saisie. Elle doit proposer un plan de fermeture comme à Yatela », a expliqué Mme Lelenta Hawa Baba Ba qui a attiré l’attention sur le délai du permis d’exploitation accordé à SEMOS-sa pour la mine de Sadiola. « Ce permis, dira-telle, a une durée de vie bien déterminée.

Et si ce délai expire, le permis tombe dans le domaine public. Ce qui est à éviter. » La Société d’exploitation des mines d’or de Sadiola (SEMOS-sa) est détenue à 18% par l’Etat malien ; IAMGOLD et AngloGold Ashanti détiennent 41% chacune. L’exploitation de la mine a officiellement démarré en 1996, selon une note remise à la presse. Les activités d’excavation ont cessé depuis mars 2018 pour laisser la place à un sous-traitant, Moolmans (Aveng Group). SEMOS-sa détient depuis 2006 l’ISO 14001 pour l’environnement et l’ICMI, pour le cyanure. Quant à la sécurité et la santé, elle a obtenu en 2008, l’OSHA 18001.

De 1996 à 2018, la société a produit 8.000 onces d’or, soit 247 tonnes. Le président de la Fédération nationale des orpailleurs du Mali (FNOM), Seydou Keita, a évoqué l’utilisation des produits chimiques dans l’orpaillage. Il est à la tête d’une mission du ministère des Mines et du Pétrole pour sillonner le territoire national et contrôler l’utilisation des produits chimiques dangereux dans l’orpaillage.

« Depuis le début de notre tournée, on n’a pas constaté l’utilisation de produits chimiques dans la région de Kayes par les orpailleurs. Mais lorsqu’on a commencé les patrouilles la nuit, entre le 21 et 24 février vers 4 heures du matin, on est tombé sur des produits chimiques dans la Commune de Sadiola », at- il témoigné.

Selon lui, ces produits sont utilisés par des ressortissants des pays de la sous-région, qui achètent les minerais des orpailleurs en vue de les retraiter. « Et ce traitement se fait au sol directement sans aucune protection environnementale », a déploré M. Keïta, ajoutant que cette pratique est dangereuse pour la santé humaine. Le président de la Fédération nationale des orpailleurs du Mali révèlera ensuite que les ressortissants étrangers ont des complices maliens. A ce sujet, Mme Lelenta Hawa Baba Ba a assuré que l’Etat est en train de prendre des dispositions pour remédier à ce problème.

« Les produits saisis et les utilisateurs sont à présent entre les mains de la justice », confirmera- t-elle. La mission de la Fédération nationale des orpailleurs du Mali (FNOM) va concerner toute l’étendue du territoire national. A la fin de cette mission, a annoncé la ministre des Mines et du Pétrole, l’Etat prendra des mesures pour trouver une solution concernant les ressortissants étrangers qui utilisent des produits dangereux au mépris de leur impact sur l’environnement.

Amadou B. MAïGA

L’Essor

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