Objections : A l’exportation de mouton

Parfaitement au courant des effets néfastes de l’insécurité sur l’activité à Ségou et à Mopti, zones d’élevage par excellence  des vols de bétail, qui se font parallèlement aux attaques contre les civils au centre et des difficultés financières pour le plus grand nombre de Maliens, les autorités de l’Elevage ont toutefois signé des accords d’exportation de nos moutons dans des pays comme le Sénégal, en vue de la Tabaski.

 

Si on était dans un moment de rires entre amis, on pouvait dire que cette posture s’appelle  offrir ses yeux à son beaux-parents pour voir avec sa nuque. Mais, ce cas est loin d’être drôle. D’autant qu’un bélier qui ne coûterait que 75 000 F CFA est présentement marchandé à partir de 175 000 F CFA, soit presque du simple au triple, pour cause de fête du mouton. On peut penser à des manœuvres déloyales.

Impossible en tout cas pour le chef de famille moyen, de s’offrir un bélier “acceptable” sur le marché, où les prix ont flambé, sans casser sa tire lire par ces temps de disette. Qui plus est, le mouton subventionné par l’Etat n’est que de la poudre aux yeux parce que le citoyen humble n’y a pas accès et, de plus, la demande est mille fois supérieure à l’offre. Où donner de la tête ?

Il ne pouvait en tout cas en être autrement quand le dilettantisme, la course effrénée à l’enrichissement personnel, le refus de soulager la souffrance de ses compatriotes … servent de boussole à certains qui croient en l’éternité à leurs postés. Ces lmmortels autoproclamés n’ont donc d’yeux que pour le nectar (leur boisson) et l’ambroisie {leur nourriture). Quitte à écraser le peuple:

Le MEP est donc coupable d’avoir ôté le pain de la bouche des Maliens affamés pour nourrir leurs voisins. Pourquoi une telle attitude ? Ne pouvait-elle pas s’engager tout simplement pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des éleveurs : en leur cherchant de l’aliment-bétail bon prix, en leur trouvant des pâturages sûrs, en mettant en place des barrières contre le vol de bétail et en exigeant le rapatriement des animaux frauduleusement sortis de nos frontières ? Toutes choses qui pouvaient avoir un effet sur les prix pratiqués. Hélas ! Que dire de l’état de nos abattoirs frigorifiques ?

En un mot : l’élevage, secteur vital de l’économie, s’en porterait toujours mal avec des dirigeants peu éclairés à ses commandes.

Majid

Source: Focus

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