Lutte contre la fraude : la hiérarchie douanière au contact des base-vies sur le terrain

Notre pays traverse une crise sécuritaire inédite, qui a, quasiment, paralysé son économie. Les services des Douanes ont évoqué une grosse perte de recettes du fait du manque de contrôle douanier sur plus de la moitié du territoire national.
Face à cette situation préoccupante, l’administration des Douanes a pris des mesures vigoureuses pour renforcer la ceinture de lutte contre la fraude autour des grandes agglomérations. Notamment, à Bamako.

Le Directeur général des douanes, l’inspecteur général Mahamet Doucara et ses proches collaborateurs ont effectué, du jeudi au dimanche derniers, une visite de terrain dans les services de lutte contre la fraude dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso.
A chaque étape de cette tournée, la délégation a échangé, à bâtons rompus, avec les douaniers pour recueillir leurs difficultés en vue de leur apporter des solutions idoines.
Lors des échanges avec les services et les base-vies, le premier responsable des Douanes a insisté sur la synergie des actions de lutte contre la fraude entre la brigade spéciale, les brigades mobiles d’intervention et les sections de recherches et d’interventions des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso.
« Vous êtes la même douane avec les mêmes missions, donc la même famille. Avec le peu de moyens humain et roulant dont vous disposez, vous devez être en mesure de mettre ensemble vos forces et vos renseignements pour réussir à mettre en échec la fraude sauvage qui déferle du versant septentrional de notre pays », explique le directeur général aux agents sur le terrain.
« Mes collaborateurs et moi avons entrepris une visite de terrain de quatre jours, qui a commencé dans la région de Kayes jusqu’à Sikasso, en passant par celles de Koulikoro et de Ségou.
Nous sommes ici sur le terrain pour motiver davantage les agents des Douanes que nous avons placés sur les chemins de la fraude avec, comme mission, de barrer la route à la fraude sauvage qui pollue l’environnement économique », indique le patron des Douanes maliennes, qui a loué les efforts d’accompagnement du Ministère de l’Economie et des Finances dans la croisade menée contre la fraude.
Récemment, les Douanes maliennes ont opéré des saisies portant sur l’or, des devises et des produits pharmaceutiques de tous genres. La lutte contre la commercialisation de ces produits est une des missions régaliennes assignée à l’administration des Douanes.

Face à l’insécurité

« Notre pays traverse des moments difficiles, en termes de sécurité. Ce qui fait que la présence douanière se limite pratiquement aux seules régions du Centre et du Sud. C’est, justement, pourquoi nous avons estimé important de déployer des efforts supplémentaires sur les versants guinéen et mauritanien pour faire échec à cette source d’approvisionnement, qui met en mal les recettes douanières », analyse l’inspecteur général Mahamet Doucara.
Et d’ajouter : « C’est dire que l’administration des Douanes n’a pas que la mobilisation des recettes comme mission. Bien que celle-ci est la plus prépondérante. Mais elle a également pour mission de protéger les consommateurs, à travers diverses saisies de produits pharmaceutiques contrefaits, de l’or, d’alcool frelaté, de drogues de tous genres, viande de volailles en état de putréfaction avancé, foies pourris… j’en passe ».
A Sikasso, dernière étape de cette tournée de quatre jours au pas de charge, il a précisé à ses hommes de terrain qu’il était venu pour, dit-il, « recueillir leurs difficultés, mesurer leurs performances et les encourager à persévérer. Les défis sont, certes, grands ; mais nous sommes, résolument, engagés à mener nos missions à bon port malgré la modicité des moyens et les conditions sécuritaires délétères ».
Partout, le message du directeur général des Douanes a été, on ne peut plus, clair : « les défis auxquels le service est confronté doivent être relevés par l’ensemble des agents des Douanes sans exclusif. Un des défis reste la lutte contre la fraude sous toutes ses formes pour, non seulement, assainir l’environnement économique de notre pays ; mais aussi, la protection des populations contre les produits contrefaits nocifs pour leur santé ».

  La Rédaction

Source: Canard Déchainé

Suivez-nous sur Facebook sur