Foncier agricole et financement de l’Agriculture: les journalistes à l’école de la CNOP

La Coordination des organisations paysannes, en partenariat avec le programme DGD 17-21 d’Oxfam au Mali, organise les 24 et 25 septembre, un atelier pour partager avec les journalistes le contenu de la loi sur le foncier agricole et le fonds d’appui à l’Agriculture. La cérémonie d’ouverture était présidée, hier jeudi, par le secrétaire général de la CNOP, Faliry BOLLY, au siège de l’organisation. La formation est assurée par Brahima TRAORE, chargé des questions foncières à la CNOP.

 

L’objectif de cet atelier est de permettre aux acteurs de la presse d’avoir une meilleure connaissance des textes et lois, notamment la loi portant sur le foncier agricole au Mali et le fonds national d’appui à l’Agriculture en vue d’une meilleure appropriation des communautés de base.
Aussi, cet atelier permettra d’informer et sensibiliser les acteurs de la presse sur les enjeux de la gouvernance foncière au Mali. De même, il est l’occasion de partager avec la presse le processus d’élaboration de la PFA/LFA avec un accent particulier sur le niveau d’implication de la CNOP.
Par ailleurs, cette formation est une opportunité pour les journalistes de connaitre le fonds et ses orientations ; les missions qui lui sont dévolues ; d’avoir une meilleure connaissance des bénéficiaires ; connaitre les types d’actions, d’appuis et aides ; connaitre les modalités d’accès aux fonds et de mobilisation de la quote-part paysanne…
Le secrétaire général de la CNOP, Faliry BOLLY, a affirmé que cet atelier permettrait aux journalistes de maitriser la loi d’orientation agricole et le financement de l’agriculture. Il a rappelé que lors de l’élaboration de la loi sur le foncier agricole, les organisations paysannes ont fait des concertations et les quintessences ont été versées dans les propositions de loi. Il a déploré que dans l’application, il y a des problèmes parce que les gens ne savent pas le contenu de la loi.
« Le fonds de financement de l’agriculture est mis en place avec la contribution de l’État, des partenaires, des collectivités territoriales et la profession agricole. Les paysans ne savent pas qu’ils doivent contribuer à ce fonds. Le fonds doit être utilisé pour financer l’Agriculture. Mais très souvent, le peu qui est constitué va dans d’autres orientations. Mais c’est difficile pour nous d’interpeller, car nous n’avons pas contribué à la constitution du fonds », a expliqué Faliry BOLLY.
Le formateur, Brahima TRAORE, chargé des questions foncières à la CNOP, a indiqué que les organisations paysannes ont fait d’énormes combats pour insérer l’essentiel des préoccupations des populations dans la loi sur le foncier agricole. Il a souligné que cette loi s’applique à l’ensemble des terres et espaces agricoles du domaine national à vocation agricole.
Dans son exposé, Brahima TRAORE a décortiqué entre autres : le régime foncier agricole ; les modalités d’accès aux terres agricoles ; la sécurisation des droits fonciers agricoles et des organes de gestion du foncier agricole ; le contentieux du foncier agricole, les dispositions finales…
Comme innovations, il a soutenu que la loi sur le foncier agricole permet de décentraliser de façon effective la gestion foncière agricole ; impliquer les populations dans cette gestion, via la mise en place des commissions foncières ; sécuriser de façon effective les droits fonciers, individuels et collectifs des exploitations familiales agricoles et des entreprises agricoles en introduisant un outil peu coûteux de sécurisation à savoir les attestations de possession foncière ; sécuriser de façon effective les transactions foncières à travers les attestations de transaction foncière ; sécuriser de façon effective les terres de l’État et des collectivités territoriales ; définir une politique d’aménagement agricole ; suivre et évaluer la mise en œuvre de la politique foncière agricole à travers l’observatoire national du foncier agricole.
Il est à souligner que la loi sur le foncier agricole a pour ambition de sortir les millions d’exploitations agricoles familiales de la précarité foncière et juridique dans laquelle elles se trouvent, ce qui s’impose comme une condition et un moyen de renforcer notre état de droit.

PAR MODIBO KONE

Source : INFO-MATIN

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