Flambée du prix de ciment : Diamond Ciment s’explique

Des responsables de la société de production de ciment au Mali, Diamond Ciment, ont affirmé, hier lundi, que leur prix à l’usine n’a pas changé. Et la flambée à laquelle ils assistent impuissamment est une spéculation de la part des commerçants, à cause de la forte demande qui dépasse l’offre.

« Diamond Ciment n’a pas ajouté un franc sur le prix de son ciment. Le prix de cession de la tonne n’a subi aucune augmentation, depuis le 1er janvier 2013 jusqu’à nos jours. Nous pratiquons les mêmes prix conformément à nos engagements envers l’État. Le prix est à 74 500 FCFA à partir de Astro (Kayes). Pour l’unité de Dio, la tonne est cédée à 87 500 FCFA », a déclaré, d’entrée de jeu, Ibrahim DIBO administrateur de la société Diamond Ciment. Il était accompagné à cette occasion du président du conseil d’administration de Diamond Ciment, Motaparti PRASAD et le Directeur général Diamond Ciment Mali, Kasturi KGKS.

Selon le conférencier, le prix à la tonne sur le ciment à la sortie de l’usine était établi entre Diamond Ciment en collaboration avec les autorités maliennes. Il est fixé par une commission présidée par le Directeur national du commerce et de la concurrence et qui est composée des représentants des ministères de l’Économie et finances, de l’Industrie et Commerce et de Diamond Cement Mali.

Selon lui, M. Dibo, il y a une flambée des prix au niveau des consommateurs à cause de la forte demande de ciment qui dépassant largement l’offre. Sur un besoin national estimé à 3 millions de tonnes de ciment par an, les unités de Diamond Ciment (Astro et Dio gare) n’ont seulement qu’une capacité installée d’un million de tonnes par an extensible à 1 200 000 tonnes.

Au même moment, la situation est aggravée par les coupures d’électricité, a déploré M. DIBO.

« Maintenant, l’usine enregistre 6 heures d’arrêts par jour. Ce qui fait une perte de 1 400 tonnes par jour pour la société », a ajouté le conférencier, tout en rappelant que ces évidences jouent sur la demande du marché qui n’est pas très bien fourni.

La forte demande a été accentuée également avec l’arrêt de l’importation du ciment fabriqué au Sénégal. D’après lui, il se trouve que ce pays a ouvert de gros chantiers et a besoin de ses productions pour répondre à la demande nationale. Les ciments du Sénégal sont dédiés pour l’instant à la satisfaction des besoins internes.

« C’est le surplus de la fabrication du ciment sénégalais qui était déversé sur le Mali. Par an, le Mali importait en moyen 1 500 000 de tonnes de ciment », a rappelé M. DIBO.

À cause de ces deux facteurs, le ciment se fait rare sur le marché, et des commerçants, qui en disposent font la spéculation, parce que la demande est là. Ainsi, de 90 000 FCFA la tonne, il est passé à 120 000 FCFA par endroit au désarroi des consommateurs finaux.

Selon M. DIBO, peu importe les raisons, cette augmentation est excessive. Certes, poursuit-il, on est dans un pays de libre marché, mais la hausse du prix à certains niveaux est inacceptable.

« On est strict sur le prix dans nos unités de production, mais on n’a pas de contrôle sur prix du marché. Cela relève du pouvoir de l’État », a-t-il clarifié.

Pour pallier le problème définitivement, il pense, depuis 2016, à la création d’une deuxième usine de fabrication de ciment dans le cercle de Dièma avec une capacité de deux 2 millions de tonnes.

« On a écrit à l’État pour nous autoriser à l’ouverture de la 2e usine de production de ciment. Après plus de deux ans d’attente, nous apprenions, il y a quelques jours, que notre autorisation pour la 2e usine a été résiliée sans nous donner aucune raison », a regretté Ibrahim DIBO.

Par Sikou BAH

Source: info-matin

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