CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’AGRICULTURE : La présidence va-t-elle botter en touche ?

Le monde paysan malien va mal et très mal ! Ce malaise du secteur clé de l’économie malienne est en passe d’aboutir à une crise de gouvernance. Au moment où le Conseil supérieur de l’agriculture se réunit autour du président Ibrahim Boubacar Keïta, les organisations faitières paysannes plongent. Une mafia locale prend en otage les paysans qui pourraient ne plus se laisser embarquer dans le train de la corruption.

La tenue du Conseil supérieur de l’agriculture au titre de l’année 2020 sera l’occasion de comprendre à quel point le chef de l’Etat est soucieux du bien être des paysans. Cette grande symphonie du monde paysan, placée sous l’autorité d’IBK, se fera pour la première fois sans Bakary Togola, l’ancien président de l’Union des producteurs de coton, qui est sous les verrous de depuis plusieurs mois à cause des détournements.

Mais l’ombre de la mafia qu’incarne Bakary Togola plane toujours sur le paysannat malien avec un peu plus d’acuité. En effet, le renouvellement des instances de l’Union des producteurs de coton est paralysé à cause des agissements de personnalités bien nanties sur le dos des vrais paysans. Au jour aujourd’hui, les différents organes de gouvernance des paysans ne sont pas renouvelés dans les villages.

IBK lui-même sait pertinemment que le Conseil supérieur de l’agriculture ne pourra atteindre ses objectifs tant que ces questions ne sont pas réglées. Il est notamment reproché à des personnalités du monde paysan de vouloir caporaliser les producteurs en imposant un système électif violant les règles de renouvellement conformes aux textes maliens et aux règlements de l’UEMOA en matière de gouvernance.

Que faut-il attendre de ce conseil lorsque des préfets et sous-préfets sont accusés d’avoir pris de l’argent pour élire dans des responsables de bureaux locaux de l’Union des producteurs de coton ? Quel progrès peut-on espérer lorsqu’on sait que les vrais paysans sont sur le point de se séparer des organisations faitières qui ont jusqu’ici servi de référence aux paysans ?

Dans le meilleur des cas, les paysans qui ne veulent que de la transparence dans la gestion des fonds qui leur sont destinés vont isoler les mafiosi. Dans le pire scénario, les producteurs entameront une jacquerie sans violence, en se détournant de la production du coton. Déjà, on voit les signes d’un effondrement de la production depuis l’année dernière où le Mali a été détrôné de sa place de premier producteur par le petit Bénin. Les mensonges de Bakary Togola et des cadres de la CMDT n’ont pas empêché les vrais chiffres d’être portés à la connaissance du public. Le ministère de l’agriculture qui est aujourd’hui l’instance qui sert de repère pour les paysans est tombé dans un mutisme qui ne dit pas son nom. Les paysans se sentent trahis et ne savent pas par qui exactement.

Affaire à suivre !

Source : La Sirène

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