Situation Socio- sécuritaire dans la Région de Mopti : Le mouvement ATEM interpelle le gouvernement malien et ses partenaires

La situation socio-sécuritaire  dans la Région de Mopti  ne cesse d’inquiéter  les maliens. C’est  le  cas du mouvement ATEM. Dans une déclaration faite  le 20 Août 2019, signée par le président  de la coordination Sidi Ongoiba, le mouvement Atem porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que la situation socio-sécuritaire dans le centre du Mali et particulièrement dans la zone du Pays Dogon reste très préoccupante malgré les efforts du gouvernement à travers l’initiative de dialogue et concertation à la base et le déploiement progressif des forces de sécurités et de défense.

Le Mouvement ATEM, dit la déclaration, salue cette initiative  à la base voulue par le gouvernement. Toutefois, déplore le mouvement, il regrette le constat d’exclusion de certaines couches et acteurs de la crise involontairement ou délibérément  aux concertations et dialogues. C’est pour cette raison, dit-il, le mouvement invite  le gouvernement à rendre plus inclusif le processus afin d’intégrer les points de vues de l’ensemble des populations vivantes dans le centre du pays pour la résolution totale et durable  des conflits qui sont de nature multiforme et pluriels.

Selon le mouvement ATEM,  les espoirs  des populations du pays Dogon né de l’initiative gouvernementale ont été malheureusement anéantis par les multiples attaques dont le plus marquant est la destruction totale du village de  Lampiara faisant plusieurs morts, blessés et déplacés,  dans la commune de Socoura cercle de Bankass. Alors qu’au même moment, le Premier Ministre était en visite dans la région de Mopti. Un facteur davantage aggravant, regrette  la déclaration,  est que ces actes terroristes, n’ont même pas fait l’objet d’une condamnation officielle. Le Mouvement ATEM rappelle aussi qu’au cours des trois dernières semaines, des attaques de villages se sont multipliées, avec pillages et exécutions de paysans et de  bergers appartenant à la communauté Dogon. Selon son estimation, plus d’une quarantaine de personnes ont été tuées, avec son lot de déplacés et de millier de têtes de bétails a  été emporté. Ce butin de l’avis du mouvement ATEM  est consommé et vendu par ces terroristes leur permettant d’acheter des armes et de financer l’exploitation et la logistique de leur terreur, contre des populations qui sont, du reste, engagées dans la recherche de la paix, de la cohésion sociale intercommunautaire.

Plusieurs villages, souligne la déclaration,  sont encore victimes d’un état de siège par des groupes armés terroristes peulhs dans le seul but d’entraver aux activités génératrices de revenus, avec entre autres pour finalité de les expulser hors de leur terroir. C’est ainsi qu’ils ont détruit les services sociaux de base (centres de santé, écoles, services de l’administration, etc.) dans plusieurs localités. En somme, dit la déclaration, des populations qui sont « dans la recherche du  vivre ensemble »,  un  processus engagé par le Gouvernement, constate que celui-ci  est et surtout en mal de mise en œuvre.

Pendant ce temps, déplore le communiqué,  le mouvement ATEM constate le désarmement systématique des groupes d’auto-défense des villages par les FAMA alors même qu’elles ne sont pas en mesure d’assurer la sécurité des villages désarmés. Le cas le plus dramatique est celui de Djoundioulou,  dans la commune de Doucombo, cercle de Bandiagara. « Après avoir été désarmé par les FAMA, la veille de la fête de Tabaski 2019, trois jours après tout le village a été décimé par des groupes terroristes Peulhs », a fait savoir  la déclaration.

« Le MOUVEMENT ATEM s’incline devant la mémoire de toutes les victimes innocentes de cette crise quelle que soit leur communauté d’appartenance. Il proteste et condamne de telles pratiques de la part des FAMA dont la mission est, à sa compréhension,  la protection des personnes et de leurs biens. Il  interpelle les Nations Unies à travers la MINUSMA,  l’Union Européenne et singulièrement la France, pour faire face au grand risque d’épuration ethnique programmée visant la communauté  Dogon, sachant que de nombreuses conventions internationales protègent les minorités ethniques. Interpelle également les organisations d’assistance humanitaires sur la gravité de la situation humanitaire dont les cas les plus dramatiques sont ceux des villages assiégés dans les communes de Mondoro et Dioungani et ce, depuis 2016. Cette situation a engendré plusieurs centaines de victimes sans véritablement être prises en charge, ni par le Gouvernement du Mali, encore moins par la MINUSMA et les organisations humanitaires », a martelé le communiqué.

Diverses solutions ont été proposées et mises en œuvre par le gouvernement et d’autres organisations. Il n’en demeure pas moins que les problèmes persistes et sont même aggravants.  Pour sortir du cycle infernal de tueries, de vols de bétails, de déplacement de masse dans lequel le pays Dogon est plongé, le mouvement ATEM recommande. D’une part,  exhorte le gouvernement à continuer avec le processus de dialogue en le rendant plus inclusif et plus soutenu dans le temps. Ceci passe prioritairement  par l’identification des groupes armés qui s’affrontent, en initiant des discussions directes entre groupes armés avec comme maitre d’œuvre les autorités coutumières, politiques, religieuses et administratives légitimes des différents terroirs. D’autre part,  exige la protection de toutes les populations et de leurs biens. A court terme, un meilleur redéploiement et une formation continue des FAMA. A moyen terme, un recrutement d’un personnel militaire dédié exclusivement à la sécurité de la région de Mopti. En fin, sollicite les organisations humanitaires à une plus grande mobilisation de ressources financières, matérielles et humaines pour faire face aux besoins des services sociaux de base mais surtout à la prise en charge des besoins quotidiens alimentaires et sanitaires des populations qui ont tout perdu. Cette solution pourra se concrétiser par la création davantage de centres ayant les commodités humanitaires répondant aux normes internationales et donc en plus sécuritaires.

Pour terminer, le Mouvement ATEM réitère son engagement de rassembler toutes les communautés vivantes au pays Dogon autour de nos valeurs ancestrales qui garantissent notre identité collective et la cohésion sociale, fondement nécessaire et indispensable à la préservation de l’intégrité et de l’unité de notre pays.

Hadama B. Fofana 

Source: Le Républicain

 

Suivez-nous sur Facebook sur