‘’Sans Détour’’ : Non, les sikassois ne sont pas des terroristes !

Certains diront qu’il s’agit là d’une affirmation de l’autorité de l’Etat. Mais en réalité, il en est rien. La vérité est que ces populations qui ont manifesté à Sikasso contre la décision de la Cour Constitutionnelle et les coupures persistantes d’électricité n’étaient pas armées et n’avaient touché à aucun symbole de l’Etat. C’est juste à l’issue d’une barricade que la Force Spéciale Antiterroriste (FORSAT) a été envoyée pour réprimer lesdits manifestants et non pour un maintien de l’ordre.

Parce que cette unité d’élite n’a pas été créée pour cela. Elle est plutôt connue à travers une mission principale : Neutraliser, Libérer et Sécuriser. Donc, cela revient à dire que cette unité mixte n’intervient que dans des attaques, prises d’otages, enlèvement, etc. Cette intervention consiste principalement à neutraliser les assaillants, libérer la ou les victimes et enfin sécuriser les lieux pour permettre aux populations de vaquer à leurs préoccupations dans la quiétude.

A Sikasso, il ne s’agit nullement d’un cas similaire. Donc, rien ne peut motiver ou justifier cette intervention contre une population connue pour sa tolérance, son humilité et sa patience. La preuve est qu’en novembre 2017 lors d’une visite du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, dans la région de Sikasso pour le lancement de la route 2X2 voies de la traversée de la ville, nous avons vu des policiers faire le maintien de l’ordre avec les mains vides, contrairement à plusieurs localités du pays où il faut des matraques, protèges et souvent du gaz lacrymogène. Au cours de cette visite, le directeur régional de la police nous a confié : « Ici à Sikasso, la population est compréhensible et elle respecte les consignes données par les autorités. Donc, nous n’avons pas besoin de bâtons pour le maintien de l’ordre. »

C’est dire que cette répression sanglante qui a fait beaucoup de victimes est une véritable honte, une bavure qui n’honore personnel. D’autant plus qu’elle était due à une décision impopulaire prise par une autorité sensée dire la loi dans le seul but de maintenir la stabilité en évitant toute crise post-électorale. Pour cautionner l’injustice, les autorités ont décidé de passer à la répression contre des populations qui ont osé exprimer leur ras-le-bol contre les délestages incessants et les résultats définitifs des élections législatives proclamés par la Cour Constitutionnelle.

Pendant tout ce temps les populations du centre et du nord du pays restent sous le joug des groupes armés terroristes, souvent sans assistance des forces armées et de sécurité.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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