Quatre ans après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation : Un retard considérable constaté dans sa mise en œuvre

Les membres du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, ont tenu le lundi 20 mai au Cres d Badalabougou, leur traditionnelle réunion mensuelle pour faire le point de la situation évolutive de la mise en œuvre de l’Accord. Cette réunion a été présidée par le président du CSA, l’ambassadeur de l’Algérie au Mali, Ahmed Boutache, en présence le ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré et le Haut représentant du Président de la République, le général Mahamadou Diagouraga, ainsi que les représentants des groupes signataires.

Cette réunion a permis aux membres du CSA de faire l’état des lieux de l’application des dispositions de l’Accord, depuis la dernière réunion du Comité de suivi de l’Accord. Mais aussi d’évaluer la mise en œuvre de la feuille de route du 22 mars et particulièrement l’état d’avancement du processus de DDR accéléré, de la révision constitutionnelle et l’opérationnalisation de la zone de développement des régions du Nord, ainsi que les récents affrontements à Talataye et le 4ème rapport de l’observateur indépendant. Lors de la réunion, un retard considérable de deux ans a été constaté dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. L’occasion a été mise à profit par le président du CSA, le diplomate algérien de se prononcer sur les quatre ans de l’Accord au cours d’une réunion de la médiation internationale élargie aux parties signataires.

Un retard accusé de l’Accord dans sa mise en œuvre.

Paraphé en mai 2015, le document a bouclé ses quatre ans, sans atteindre les résultats escomptés. Alors que la période intérimaire (de 18 mois à 24 mois) était censée permettre aux acteurs de mettre en œuvre une grande partie des dispositions fondamentales de l’accord.

«Mais force est de constater qu’au lieu de pouvoir réaliser les objectifs fixés pour la période intérimaire, nous en sommes aujourd’hui encore à essayer de mettre en œuvre ces dispositions-là», a déploré le diplomate algérien. En terme plus clair, a-t-il poursuivi, «nous avons un retard de deux ans, ce qui est considérable».

Aujourd’hui, la médiation internationale juge urgent de parachever un certain nombre de points relatifs notamment à la mise en place des Autorités intérimaires. Il s’agit de la désignation de certains conseillers, la nomination de deux présidents de conseils de cercle…( ?) Autant de problèmes à régler avant le 15 juin, selon Ahmed Boutache qui a fait remarquer que le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira, le 30 juin prochain, sur la situation au Mali.

Cette lenteur dans la mise en œuvre de l’Accord est, de l’avis du diplomate algérien, préjudiciable au processus de stabilisation. En attestent les récents évènements survenus à Talataye où des groupes armés se sont affrontés. «Une des conséquences malheureuses du fait qu’on n’a pas encore réussi à en finir avec l’application de l’accord», a fait remarquer Ahmed Boutache.

Cependant, l’analyse du chemin parcouru ne révèle pas des échecs. L’Accord a aussi enregistré des avancées indéniables, obtenues dans chacun de ses quatre volets : politico-institutionnel ; développement économique, social et culturel ; sécurité et défense ; et justice réconciliation.

AMT

Source: Le 22 Septembre

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