Présidentielle au Mali: la sécurité au centre des préoccupations

A trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle au Mali, les premiers observateurs de l’Union européenne sont sur le terrain, depuis le début de la semaine. Ces vingt observateurs « de longue durée » viennent appuyer l’équipe d’analystes politiques déjà présente dans la capitale depuis le 19 juin. A terme, ils seront environ 80 observateurs le jour du scrutin, le 29 juillet. Mais l’observation de l’Union européenne ne couvrira pas l’ensemble du territoire pour des raisons sécuritaires.

Les vingt premiers observateurs de l’Union européenne sont déployés principalement dans l’ouest et le sud du Mali, de Kayes à Sikasso. A cela s’ajoute le district de Bamako. Ces zones représentent plus de la moitié des électeurs.

En revanche, l’élection dans les régions centre et nord sera partiellement suivie par les envoyés de l’UE admet Marie-Violette César, cheffe adjointe de la mission d’observation électorale : « Nous n’irons pas partout pour des raisons de sécurité. au total, les zones d’observation couvertes par la mission représenteront à peu près 80% de l’électorat malien. Mais nous évaluons chaque jour la situation, avec notre expert sécurité. Ce dépend en fait d’un endroit à l’autre. »

Au total, une trentaine de missions d’observation nationales ou internationales ont obtenu à ce jour leur accréditation selon la commission électorale. Mais qui assurera leur sécurité ?

La mission des Nations unies pour le maintien de la paix (Minusma) ne prévoit pas de plan de sécurisation spécifique pour les observateurs électoraux. La Minusma apportera tout de même un appui logistique aérien, limité à 75 observateurs.

A Tombouctou et dans le Nord, on s’active pour sécuriser le scrutin

Plus d’une centaine d’agents composent l’effectif des forces de police de Tombouctou. Après avoir suivi une formation prodiguée par la Minusma, l’effectif complet participera à la sécurisation de l’élection. « Un plan est prévu. Bamako va mettre du sien pour qu’il y ait un redéploiement pour la sécurisation des élections. Notre partenariat est solide donc on va tout faire pour que ces élections soient sécurisées », indique Djamal Adine Senoussi, commandant général adjoint de l’UNPOL à Tombouctou.

Les Famas, les militaires maliens sécuriseront entre autres les centres de vote. A leurs côtés, le Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), qui regroupe militaires et anciens combattants des groupes signataires de l’accord de paix. « Cela fait partie de notre mission de faire la sécurité pour les élections. Ils feront des patrouilles avec les autres unités qui sont là, les Famas, dans la ville et les différents endroits où il y aura des bureaux de vote », dit Daouda Hamma Maïga, commandant du MOC de Tombouctou.

Un dispositif qui rassure les habitants de Tombouctou. Mais en dehors de la ville, qu’en est-il ? Baba Moulaye, président du forum des organisations de la société civile de Tombouctou, explique: « A certains endroits, je me demande comment ça va se passer. Je viens du pays, j’ai un peu tourné à l’intérieur et je sais ce qui se passe. On peut faire 100 km sans rencontrer de forces de l’ordre. Ce n’est pas normal en cette période là. Les forces de sécurité doivent être un peu partout. »

 

RFI

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