Mali: les associations du centre du pays marchent pour réclamer la paix

A l’appel de la plateforme « Sauvons Mopti », quelques centaines de personnes ont manifesté dans les rues de la capitale Bamako. Ils dénoncent la dégradation de la situation sécuritaire au centre du Mali et l’inaction de l’État. Selon l’ONU, les incidents liés à la sécurité ont augmenté de 200% depuis le début de l’année 2018. Plus de 1 000 incidents ont été enregistrés par la mission de maintien de la paix et des dizaines de personnes tuées dans la région de Mopti ces derniers mois.

Boubacar Ly travaille à Sévaré, au centre du pays. De passage à Bamako pour la marche, il explique que la peur a envahi sa localité. « Les gens ont tout le temps peur. Soit des groupes armés, soit de l’armée malienne elle-même. Actuellement, l’armée est le groupe le plus craint dans la région de Mopti en raison de ses différentes exactions. »

Dans la région de Mopti, les incidents sécuritaires liés à la présence de groupes armés et aux tensions intercommunautaires ont augmenté, explique les manifestants. Ils sont membres de « Sauvons Mopti », la seule plateforme qui regroupe notamment des représentants de l’ethnie peuls et dogons, selon Babacar Cissé. « Si un Peul meurt à Mopti, c’est Mopti qui perd. Si un Dogon meurt à Mopti, c’est Mopti qui perd », résume-t-il.

Mama Samasékou, le coordinateur de la plateforme souhaite faire de l’insécurité à Mopti un des thèmes de campagne présidentielle. « Les programmes que nous avons lus ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation de Mopti. Il faut qu’ils sachent que Mopti est une prison à ciel ouvert. Pour libérer les gens, il faut prendre des mesures d’urgence. »

La question de la sécurisation du vote dans cette région se pose encore. A Mopti, la semaine dernière, selon le ministère de l’Administration du territoire, 6 % des électeurs avaient récupéré leur carte.

Des représentants de «Sauvons Mopti», plateforme d’associations du centre, alertent sur la situation
RFI
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