Le patron de l’ONU avertit du «fort risque» d’atrocités au Mali

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a averti du «fort risque» d’atrocités futures au Mali, dans un rapport appelant à renforcer la présence de la force onusienne de maintien de la paix dans le centre du pays.

Dans ce rapport adressé au Conseil de sécurité vendredi et obtenu par l’AFP, Antonio Guterres s’est dit «consterné» par la montée des violences et a appelé le gouvernement à renforcer sa réponse contre les groupes extrémistes. «Si ces inquiétudes ne sont pas prises en compte, il y a un fort risque d’escalade qui pourrait aboutir à la commission d’atrocités», a écrit Antonio Guterres.
Quelque 160 habitants d’un village peul du centre du Mali, Ogossagou, ont été tués le 23 mars, la plus grave tuerie qu’ait connue le Mali depuis 2012. Le drame a suscité une vague d’indignation populaire et des manifestations aboutissant un mois plus tard à la démission du gouvernement, jugé incapable d’endiguer la hausse des violences liées aux groupes djihadistes et aux troubles intercommunautaires. Face à cette détérioration de la situation, Antonio Guterres recommande que la force de maintien de la paix de l’ONU au Mali, la Minusma, ne soit pas réduite, malgré les appels des Etats-Unis en ce sens.
Le Conseil de sécurité doit se prononcer le 27 juin sur le mandat de la Minusma, mise en place après l’intervention militaire menée par la France en 2013 pour chasser les djihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali. Selon le rapport, la mission devrait être renouvelée pour un an, avec un effectif maximum inchangé de 13.289 militaires et de 1920 policiers. Actuellement, quelque 14.700 militaires et policiers sont déployés au Mali, pour l’une des missions de l’ONU les plus dangereuses, avec quelque 120 morts dans des actes hostiles. Guterres recommande que la présence de la Minusma soit renforcée dans le centre du pays en y déployant une ou deux unités de police, soit 280 agents.
De plus, la gestion d’un camp dans le nord du Mali pourrait être transférée aux forces maliennes, estime le rapport, libérant ainsi 650 personnes pour des renforts dans la région de Mopti, dans le centre du pays. Un accord de paix avait été signé à Bamako en 2015 entre le gouvernement malien et des groupes armés, mais près de quatre ans plus tard, l’accord a échoué à stopper les violences.

Le Figaro

Suivez-nous sur Facebook sur