INSECURITE A MOPTI : Dan Nan Ambassagou appelle le gouvernement à s’assumer

La cinquième région du Mali, Mopti, devient un véritable nid d’insécurité et cela malgré la signature d’un engagement pour le cessez-le-feu par la milice dogon le 27 septembre dernier. Face à la multiplication des atrocités dans cette zone, la population dogon perd de plus en plus confiance au groupe d’autodéfense qui interpelle le gouvernement malien à travailler à asseoir plus de sécurité dans cette région afin de voir la paix y régner. Le chargé de communication de ce groupe, joint par nos soins, nous explique les situations récentes dans la zone.

La situation sécuritaire dans le centre du Mali ne faiblit point. La région de Mopti devient un véritable foyer d’insécurité. Chose que regrette la milice Dogon, Dan Nan Ambassagou, qui, avec la signature de l’engagement pour le cessez-le-feu le 27 septembre dernier, pensait à la sécurisation de la zone et par ricochet à l’instauration d’une paix durable, mais hélas. Les attaques se poursuivent sans relâche. Pour preuve, le chargé de communication de cette milice explique un certain nombre de bavures ayant lieu dans cette région après la signature de cet engagement. Jeudi 4 octobre 2018, dans le cercle de Koro et plus précisément à Ama, nous confie-t-il, une femme récoltant son champ de mil a été froidement assassinée.

Outre ce cas, le chargé de communication fait état également de la commune de Mondoro et plus précisément dans une localité située à 12 km de Danaye où 4 personnes ont également trouvé la mort, le vendredi 5 octobre dernier. C’étaient des forains, rassure-t-il, avant de noter le cas de Dianweli dans la localité de Goundaga où les populations ont été menacées par 12 motocyclistes munis d’armes lourdes et qui les a retenues en otage dans une mosquée. À ses dires, au lendemain de ce drame, c’est-à-dire le samedi 6 octobre 2018, 4 paysans récoltant leur champ ont reçu la descente musclée de bandits armés dans le village de Nendesogou. Durant cet incident, 3 personnes ont trouvé la mort, précise-t-il, et la quatrième est toujours portée disparue.

Le même jour, cette fois-ci dans la commune de Baye, un commerçant en partance de la foire de Nihourou a trouvé la mort, assassiné. S’y ajoute que, le dimanche dernier, dans la commune de Madougou, le village de Naye a reçu la visite malencontreuse de bandits armés qui a occasionné la mort d’un habitant, explique-t-il, avant de préciser que du 28 au 7 octobre, ils ont fait des enlèvements d’animaux à Douna, à Madougou ainsi qu’à Baye. Le même dimanche, des forains ont été attaqués par des bandits qui les ont fouillés. Aux dires du chargé de communication, ils ont pris le soin d’alerter les autorités.

À s’en tenir à tous ces faits, nous ne pouvons qu’arriver au constat que l’engagement de cessez-le-feu n’est pas suivi à la lettre puisque de sa signature à nos jours, trop d’attaques ont été enregistrées. On évalue à 9 morts, 3 blessés et 1 disparu, le bilan des atrocités. Le pire, dans tout ceci, c’est que les écoles restent toujours fermées après leur ouverture lors du passage du Premier ministre, le 2 octobre dernier. À Dianweli par exemple, précise le chargé de communication de la milice Dogon, les bandits disent ne vouloir entendre de cette oreille la réouverture des classes. « L’année dernière, il n’y a pas eu d’école chez nous, cette année, les écoles sont ouvertes, mais plusieurs sont fermées », précise le chargé à la communication.

Toutes ces situations sont en phase de tourner en défaveur de Dan Nan Ambassagou, dans la mesure où la population très fatiguée depuis la signature de l’engagement, se trouve sur le point de se démarquer de cette milice d’autodéfense. C’est dans cette optique que le chargé de communication s’exprime ainsi : « Nous sommes sur le point de regretter car les attaques continuent et les populations nous lâchent. » À ce titre, Dan Nan Ambassagou interpelle le gouvernement pour qu’il s’engage à sécuriser sereinement la zone afin de permettre l’instauration d’une paix durable dans le pays dogon. Cette milice d’autodéfense précise par la suite que son combat ne vise pas une ethnie, mais plutôt la sécurisation de toute la zone afin de voir fleurir la paix, non seulement à Mopti, mais aussi sur toute l’étendue du territoire national.

Fousseni TOGOLA

Source: Le Pays

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