Exportatrice de paix

La préconisation de l’Algérie pour mettre fin au conflit au Mali est la meilleure option possible. Tous les intervenants dans le dossier conviennent que l’accord d’Alger est actuellement le seul document qui rapproche les points de vue des belligérants. La principale raison qui a fait que les négociations inter-maliennes, tenus sous les auspices de l’Algérie aient abouti, tient du fait du caractère inclusif de ces négociations. L’AQMI et les autres organisations terroristes étaient des corps étrangers, dont l’objectif était justement de pourrir la situation politique et sociale dans le pays. Il n’est pas besoin de rappeler qu’ils se sont retrouvés maîtres d’immenses territoires maliens par le truchement de Nicolas Sarkozy qui a détruit la Libye et lâché les fauves sur son voisin du sud. Ces derniers temps, et après moult tergiversations et ingérences dans les affaires du Mali, la démarche algérienne s’est révélée juste et bénéfique pour les Maliens.
Ce qui vaut pour le Mali, vaut également pour tous les dossiers dans lesquels l’Algérie a été sollicitée en tant que médiateur. Sa stratégie relève de l’honnêteté de sa démarche et puise sa substance dans la révolution de Novembre. Le principe de l’autodétermination des peuples est une donne immuable dans le discours de la diplomatie algérienne. À partir de là, l’opération de paix devient «technique», du moment que les acteurs font confiance au médiateur. À ce propos, le chef de l’État a résumé les succès obtenus dans la gestion des conflits en soulignant que l’Algérie n’a jamais nourri un quelconque autre intérêt que celui du retour de la paix. Cette posture a valu à sa diplomatie une renommée mondiale et à chaque fois que le besoin d’une paix sérieuse et sans arrière-pensées se fait sentir, la médiation algérienne est souhaitée. Ce fut le cas entre l’Éthiopie et l’Érythrée, dans le conflit autour du grand barrage éthiopien qui agace le Soudan et l’Égypte et enfin, pour le retour à la stabilité souhaitée en Guinée.
Avec le nouvel ordre mondial qui pointe à l’horizon, il est entendu que les «conflits périphériques» se feront plus nombreux. La guerre en Ukraine n’est, en réalité qu’un épisode qui en annonce d’autres. Au fur et à mesure que se dessine la nouvelle carte géopolitique internationale, le monde aura immanquablement besoin d’acteurs sincères de faiseurs de stabilité. En cela, l’Algérie a déjà démontré ses qualités d’ «exportatrice de paix», dixit Ramtane Lamamra.

lexpressiondz

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