Encore des attaques contre l’armée malienne

En début de semaine, 25 militaires tués et 60 portés disparus, contre 15 jihadistes présumés neutralisés.

« Pour la énième fois, s’exclameL’Aube, les postes militaires de Mondoro et Boulkessi ont été les cibles de deux attaques simultanées (…). Personne n’aurait imaginé qu’un assaut aurait pu encore atteindre conséquemment nos forces avec un bilan aussi sanglant. (…). Selon certaines sources, précise L’Aube, ce sont des éléments du groupe terroriste, Ansaroul Islam qui ont lancé l’attaque à Boulkessi. Le détachement des soldats (déployés il y a juste deux semaines) occupant cette ville étaient de la force conjointe G5-Sahel. Après de violents combats qui ont duré plusieurs heures, les assaillants ont pris le contrôle du camp. Au même moment, à Mondoro, situé à une centaine de kilomètres de Boulkessi, une autre attaque a été lancée par un autre détachement des mêmes terroristes. Les combats ont été d’une rare violence et les soldats n’ont su tenir tête. Il a fallu attendre plusieurs heures pour qu’un renfort des Famas, soutenu par l’armée burkinabè et la force (française) Barkhane, arrive à reprendre le contrôle des camps tombés entre les mains des assaillants. »

Et L’Aube de s’interroger : « Comment ces deux camps régulièrement attaqués sont-ils tombés ? Comment les assaillants ont-ils pu y accéder sans attirer l’attention ? Au-delà des discours, quel est l’état actuel de nos forces armées ? Le président de la République, après l’attaque de Dioura, avait martelé que la recréation était terminée. IBK avait aussi annoncé la montée en puissance des Famas dans son adresse à la Nation du 22 septembre dernier. (…) Cependant, déplore le quotidien malien, il suffit de regarder la réalité sur le terrain et de constater les faits pour se rendre compte de la propagande politique dont fait l’objet notre situation sécuritaire. La corruption, la mauvaise gestion, l’inadéquation entre la politique sécuritaire et la réalité sont, entre autres, des maux qui minent les forces de défense et de sécurité aujourd’hui. »

Lézardes…

« Quelque chose ne va pas, renchérit le site d’information BenbéréEt cela, hélas, ne peut continuer que pour le malheur de la nation. Or, le seul point de consensus réel et vérifiable reste l’armée nationale. Nous ne savons pas voir ses verrues et malheur à celui qui ose secouer le cocotier. (…) Il faut craindre que ce consensus autour de nos soldats, si solide soit-il, ne se lézarde au rythme des défaites sérielles et humiliantes qui tendent à devenir la norme. Pas seulement chez nous, mais dans les autres pays sahéliens où le terrorisme s’est incrusté. Oui,s’exclame encore Benbéré, tous les moyens doivent être consentis et toutes les chances saisies pour que les corps découverts aux aurores soient ceux des agresseurs plutôt que de nos soldats. (…) Le temps est venu d’évaluer sans complaisance nos réponses, notre capacité face aux percées de la bête. Puisque, armées nationales, Barkhane, Minusma, G5 aujourd’hui, peut-être Cédéao demain, rien ne semble conjurer la cendre et la désolation. »

Amer constat

Récemment, rappelle Le Point Afrique, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait fait un constat amer de la situation au Sahel, appelant tous les pays à redoubler leurs efforts pour soutenir la force conjointe du G5. Afin que la communauté internationale prenne bien conscience du désastre qui s’annonce au cœur de l’Afrique, en passe d’imploser sous les coups de boutoir des jihadistes, il ne s’était pas voilé la face : « Nous sommes en train de perdre du terrain face à la violence, annonçait-il. Quelques jours plus tard, constate Le Point Afrique, la réalité sur le terrain lui donnait raison. »

La France « limite la casse »

Enfin, L’Observateur Paalga au Burkina salue l’implication de la France dans ce combat permanent. « Lutte contre le terrorisme : si la France n’était pas là », titre le quotidien ouagalais. « Ces deux attaques au Mali démontrent combien nos armées sont fragiles, pour ne pas dire incapables seules de défendre l’intégrité territoriale de nos États. Une nouvelle preuve si besoin en était encore de notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur, il a fallu l’intervention des militaires de la force Barkhane pour desserrer l’étau et permettre aux Famas de reprendre le dessus. Pourtant, au Mali comme au Burkina, pointe L’Observateur Paalga, nombreuses sont les voix teintées d’un nationalisme sourcilleux qui critiquent régulièrement la sous-traitance de ces questions sécuritaires à la France, accusée à tort ou à raison de ne pas jouer franc-jeu. (…) On peut dire tout ce qu’on veut de ces néocolonialistes et de ces impérialistes, mais que seraient devenus aujourd’hui le Mali et, dans une certaine mesure, le Burkina, si nos “ancêtres” les Gaulois, n’étaient pas là pour limiter la casse ? »

RFI

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