Edito : La presse persécutée à la place de Iyad et Kouffa

Chasse à l’homme avec pour cible les journalistes, voilà l’inadmissible feuilleton qui s’offre aux Maliens sous le régime Ibrahim Boubacar Keïta. Dans l’exercice de leur métier, les journalistes sont victimes de toutes sortes de maltraitance de la part des forces de l’ordre.  Ils sont ciblés lors des manifestions et matés jusqu’à sang.

Ce constat quotidien prouve à suffisance que la hiérarchie est au courant de quelque chose, mais à chaque fois qu’on l’interpelle, elle nie avoir donné des instructions à ses éléments. Elle présente des excuses, mais les actes continuent sans  ouverture d’enquête et sanction à l’endroit des fautifs.

Maliens, vous ne rêvez pas. De tels actes barbares se passent au XXIe siècle au Mali et sous un homme qui se dit défenseur des droits humains. IBK dans ses propos, a toujours fait croire au peuple malien qu’il est contre l’injuste, qu’il se bat pour la cause des opprimés. Tout cela n’est qu’un leurre finalement.

Son régime n’a aucune pitié. Lui et son gouvernement maintiennent le peuple dans l’extrême souffrance. Ses forces de l’ordre considèrent les journalistes comme des ennemis jurés et le motif est connu de tous. La presse a refusé de vendre son âme au diable. Elle étale tous les déboires du régime sur la place publique dans le strict respect des textes qui régissent  le métier.

Cela a contribué à l’éveil de conscience du peuple qui ne se laisse plus berner. Aujourd’hui, les citoyens dénoncent et passent par tous les moyens légaux afin d’entrer dans leurs droits.

Ce changement de mentalité du peuple a impacté sur l’estime du régime. Il est vomi par des maliens qui sont impatients. Ils aspirent au changement  et n’attendent que le jour du vote pour sanctionner ce régime qui a échoué sur tous les plans.

Les forces de l’ordre à travers de telles attitudes font honte. Si elles sont confrontées à des difficultés, c’est la presse qui met la pression sur les gouvernants afin de faire bouger positivement les choses en leur faveur.

La presse a toujours été aux côtés des porteurs d’uniforme. Elle l’a toujours défendue au prix de sa vie. Donc il est inadmissible de voir ces hommes en tenue à la solde des politiques qui leur donnent des instructions ciblées.

En quatre ans de gestion d’IBK, la presse a été victime de toutes sortes d’attaque qui ne se sont jamais produites au Mali même avant la démocratie.

Un journaliste est disparu et nous n’avons aucune nouvelle depuis 2 ans. Des journalistes sont tabassés, leurs outils de travail saccagés. Le dernier cas, c’était devant l’Ambassade de France où des confrères ont été violentés. Ils sont : Halima Ben Touré de Sika TV (ce n’est pas la première fois), Hamidou Keïta, Le Témoin. Des activistes : KibiliDembaDembelé de Activiste TV et Kati24.

Ces hommes et femmes n’ont que la plume, le micro, la caméra…au service du peuple nuit et jour. Ils sont traduits en ennemis  et font face impuissamment à des armes, matraques et gaz lacrymogènes.

Le régime doit comprendre que la priorité au Mali, c’est l’engament qu’IBK avait pris devant le peuple Malien de combattre les forces du mal et ramener la paix. Alors sa cible ne doit pas être la presse, des activistes, mais  des groupes armés qui coupent le sommeil au peuple malien. Je veux parler de Iyad et de Kouffa qui sont les ennemis du Mali et du monde tout entier. Ils sont la cause de la fermeture de plus de 500 écoles ; ils sont responsables de l’absence de l’autorité de l’Etat sur une bonne partie du Mali ; ils sont à la base de milliers de morts au Mali.

La presse en a marre. Elle a décidé de rompre le silence, faire face à la situation. Si le souhait de l’Etat c’est d’enterrer la presse, nos outils de travail se transformeront en des moyens de défense. L’Etat ne tardera pas à le découvrir. Allons-y.

Boubacar Yalkoué

Le Pays

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