Casques bleus de l’ONU au Mali: près de 200 victimes depuis 2013

Le monde a célébré, ce 29 mai 2019, le 71e anniversaire de la Journée internationale des Casques bleus des Nations Unies. Une occasion de rendre hommage au personnel civil et militaire pour sa contribution inestimable au travail de l’ONU. Au Mali, l’événement a été marqué par une cérémonie officielle de commémoration à la Base opérationnel de la MINUSMA (MOB) près de l’aéroport à Sénou.

 

C’est à eux que revient le travail lié à la stabilisation, au dialogue politique, à la restauration de l’autorité de l’Etat ou encore au respect des droits de l’homme dans les pays en crise. Au Mali, la cérémonie officielle de commémoration à la Base opérationnel de la MINUSMA était présidée par le Chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh ANNADIF. C’était en présence du représentant du gouvernement du Mali, Mahamane Amadou MAIGA, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et Coopération internationale ; du Chef d’Etat-major général des armées, de la hiérarchie militaire.

A l’entame de cette cérémonie, une gerbe de fleurs a été déposée aux pieds du monument appelé Mémorial de la MINUSMA où est gravé le nom de tous les soldats de la paix qui ont défendu au prix de leur âme l’intégrité territoriale du Mali.

Dans son intervention, le Secrétaire général du MAECI, M. Maiga, a rappelé l’attachement de toutes les parties maliennes (Gouvernement, plateforme, CMA) au renouvellement du Mandat de la MINUSMA, en vue de la consolidation des acquis du processus de paix.

Dans son mot de bienvenue, le chef de la MINUSMA a rappelé que cette cérémonie s’inscrit dans le cadre du 71e anniversaire des Casques bleus pour qui nous devons avoir une pensée pieuse, ainsi qu’à leurs familles, compagnons et pays d’origine.

Décrivant la complexité de la situation au Mali et au Sahel, le Chef de la MINUSMA, M. Annadif a rappelé que « cela doit nous pousser à redoubler d’efforts pour consolider les valeurs des Nations Unies ».

Au Mali, a-t-il fait savoir, les Casques bleus sont déployés dans un environnement difficile et complexe, caractérisé par la présence de terroristes et surtout par des narcotrafiquants et ceux qui pratiquent le crime transnational organisé. Depuis 2013, a-t-il rappelé, ces hommes et ces femmes ont payé un lourd tribut. Il y a seulement deux jours, sur le même endroit (MOB) une cérémonie d’hommage était organisée par la MINUSMA en mémoire de l’Adjudant-chef nigérian du nom de Moshood LASISI, mort il y a deux semaines à Tombouctou.

Le plus souvent déployés dans les zones où les populations civiles sont le plus en danger, les Casques bleus de l’ONU protègent les personnes les plus vulnérables dans les conflits, notamment les populations déplacées ou celles qui fuient leurs maisons, ou qui sont menacées en raison de leur religion, de leur âge, de leur appartenance ethnique ou de leur sexe. Les Casques bleus s’acquittent de cette importante tâche dans un environnement de plus en plus complexe.

De 2013 à nos jours, a-t-il fait savoir, ce sont plus de 195 casques bleus (à la date de mars 2019) qui ont perdu la vie en défendant la paix au Mali contre 173 en 2018 à la même période.

«Nous sommes conscients des dangers, cependant nous sommes également déterminés à accomplir notre mission», a assuré M. ANNADIF.

Pour ce faire, a-t-il révélé, des initiatives sont prises au niveau des Nations Unies pour améliorer les conditions des missions de l’ONU et minimiser les pertes en vies humaines qui restent un défi majeur pour la MINUSMA.

Notons que La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a été créée par la résolution 2100 du Conseil de sécurité, du 25 avril 2013, pour appuyer le processus politique dans ce pays et effectuer un certain nombre de tâches d’ordre sécuritaire.

Pour rappel, plus de 3 800 Casques bleus ont perdu la vie en servant sous le drapeau des Nations Unies, depuis 1948. Ils sont plus de 88 000 militaires, policiers et civils de 124 États membres déployés dans 14 opérations sur quatre continents. Selon un bilan officiel des Nations Unies, la Minusma est 5e au rang des forces onusiennes les plus meurtrières. Elle se classe ainsi derrière la Mission du Liberia (204 morts), la Force de protection des Nations Unies en Yougoslavie (213 morts), l’Onuc au Congo (249 morts), la Minuad au Darfour (271 morts) et la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) qui occupe la plus haute marche du podium avec 313 morts.

Par Abdoulaye OUATTARA

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