Bonus après leçons à Mara : « L’Etat indemnisera toutes les victimes des affrontements de mai 2014 à Kidal »

En annonçant au terme de sa visite effectuée au Nord et au Centre du pays, du 22 au 26 mars dernier, l’indemnisation de toutes les victimes des affrontements survenus à Kidal en mai 2014, le Premier Ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, cherche à assainir les derrières de son prédécesseur Moussa Mara. Pour qui sait que les victimes en question doivent constituer un fardeau sur la conscience de l’ancien PM Moussa Mara, en ce sens que c’est son déplacement controversé effectué en mai 2014 dans la cité des Ifoghas qui les avaient occasionnées, SBM aura, donc, fait du fils de Joseph Mara l’un des principaux bénéficiaires des retombées de sa toute dernière mission en date.

 Outre les populations locales du Nord et du Centre de notre pays qui ont touché du doigt le bien-fondé du passage de l’actuel PM dans leurs localités, Moussa Mara, s’est retrouvé l’acteur politique malien le plus à même de se frotter les mains. Pour preuve, la déclaration sanctionnant la fin de la mission de SBM. Déclaration selon laquelle toutes les victimes des affrontements de mai 2014 à Kidal seront indemnisées, blanchissent indirectement l’ancien PM de toute responsabilité dans la tragédie ayant marqué son acte posé. On a encore en mémoire cet acte par lequel il répondait en son temps aux sollicitations des forces vives de la Nation. Moussa Mara avait conduit à Kidal une importante délégation gouvernementale. Mais il en avait pris pour son grade. Les éléments de l’armée malienne qui l’avaient accompagné ont tout simplement été massacrés par les rebelles touaregs. Les soldats qui n’ont pas connu ce sort ont eu la vie sauve grâce à leurs talents d’athlètes. Celui qui devrait être le héros de l’époque n’est pas lui-même prêt à oublier cette chaude journée, puisque qu’il eu lui-même la vie sauve grâce aux éléments de la MINUSMA.

Le successeur d’Oumar Tatam Ly est, certes, aujourd’hui déchargé de ce poids, mais non pas sans avoir essuyé des piques au point d’être assimilé à une cible privilégiée du cinquième Premier Ministre de l’ère IBK.  «La meilleure démarche est, donc, de se rendre sur place, sans arrogance, avec le sens de l’écoute» ; telle a été la première flèche à lui lancer par SBM en amont de sa visite tant attendue à Kidal. En aval, on a senti un SBM toujours goguenard à l’égard de ceux qui ont échoué là où il a réussi sans la moindre effusion de sang. «Nous sommes allés à Kidal, nous sommes revenus, nous n’avons pas tiré un seul coup de fusil, nous n’avons pas enregistré un seul mort. Dans toute politique, c’est la finalité qui compte», a balancé SBM sur le compte twitter de la primature comme pour signifier à qui veut l’entendre qu’il ne suffit pas d’être Premier Ministre du Mali pour prétendre se rendre à Kidal. Du moins par ces temps-ci.

C’est en donneur de leçons ayant fini d’administrer une bonne dose de claques susceptibles de soigner des immatures de leur amateurisme politique, que le stratège SBM s’est voulu montrer quelque peu consolateur à l’endroit de l’infortuné ou du miraculé de mai 2014 à Kidal. L’indemnisation de toutes les victimes de cette tragédie vaudra son pesant d’or en ce sens qu’elle aura le mérite de purifier Moussa Mara en particulier de certaines souillures préjudiciables à sa carrière politique. Quel bonus de plus soulageant pour un candidat à la Présidentielle de juillet prochain ?

Katito WADADA  : LE COMBAT

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