Apres Serval et Barkhane : Takuba pour quelle envergure ?

Après l’échec patent de l’opération Serval, puis cuisant de l’opération Barkhane, la France propose une nouvelle méthode de lutte contre le terrorisme dans le Sahel : l’opération Takuba. Pour quelle envergure ?

 

En 2012 le Mali sombrait sous le coup des attaques terroristes à la suite du coup d’Etat imprescriptible perpétré par la bande de capitaine Amadou Haya Sanogo, contre le régime démocratiquement élu du Gal Amadou Toumani Touré. Coup sur coup les régions du Nord tombaient aux mains des adeptes du djihad.

Pour stopper l’avancée des terroristes, le Président de la transition d’alors, Pr Dioncounda Traoré a fait appel à la France du Président François Hollande. L’Opération Serval est lancée. Ses premières actions furent stoppeuses de l’avancée puis la traque des ennemis de la république. Quelques mois suivant, Serval a cédé la place à l’opération Barkhane.

Dans l’un ou l’autre des cas, les terroristes ont été traqués, démasqués, voire tués. Mais le hic est que ces opérations n’ont pas satisfait les attentes placées en elles par les populations maliennes. Celles-ci reprochent à la France, maître d’œuvre de ces opérations, de connivence avec les ex-rebelles du Nord qui se réclament républicains le jour et terroristes la nuit.

Les populations en zones occupées, où sévissent les attaques terroristes, vont jusqu’à pointer du doigt les soldats de la barkhane de trahir les positions de Forces Armées Maliennes (FAMa) devenant de plus la cible des attaques terroristes.

Le pouvoir de Bamako, de son côté, perd au fil du temps sa confiance en l’ancien colonisateur dont les agissements frisent le parrainage de la concrétisation du projet de création de l’Etat fantôme de l’« Azawad », au détriment de la République. D’où ses nouveaux pas vers la Russie. La rencontre du ministre de la défense du Mali, Gal Ibrahim Dahirou Dembélé, avec son homologue russe, dont les échanges ont été fructueux, ensuite l’audience accordée à l’Ambassadeur russe au Mali, à Koulouba, par le Chef de l’Etat IBK qui rencontra quelques jours plus tard son homologue russe, Vladimir Poutine,  inquiète Paris.

Pour masquer l’échec de ces deux opérations : serval et barkhane, la France s’est lancée dans une opération de séduction. En mission dans les pays du Sahel, la ministre française des Armées, Parly, annoncera l’opération « Takuba » (le Sabre) dans le Sahel contre le terrorisme. Parly a voulu être plus séductrice en annonçant la mort du numéro deux des responsables terroristes dans le Sahel, tué un mois après. Pourquoi l’annonce n’avait pas été faite au préalable, avant cette tournée régionale ? se demandent beaucoup d’observateurs de la situation sécuritaire dans le Sahel.

L’opération « Takuba » ne séduit point plus d’un Malien. Elle est conçue comme une espèce de néocolonialisme. L’envergure de cette opération est d’office minime au Mali, car visiblement la France n’a rien à prouver de nouveau en termes de méthode et d’efficacité de ses différentes opérations contre le terrorisme au Mali. Au lieu de se muer à tout moment, la France ferait mieux d’appuyer en équipements l’armée malienne et la laisser mener le ratissage des zones occupées. Ainsi, Kidal ne sera plus une ville de non droit, au statut particulier.

D.C.A

Le Soft

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