Economie : Et si la théorie de la mesure était déjà décrite depuis plus de 1 400 ans ?

Dans une conférence, sur l’Islam, Sarojini Naidu, 1918: a averti : “Nous ne devons pas être surpris de trouver dans le Coran la source des sciences. Le moindre sujet lié au ciel ou à la terre, à la vie humaine, au commerce et à différents échanges commerciaux est abordé et cela a donné lieu à la production de nombreuses monographies traitant de certaines parties du livre saint”.

 

Nous nous apprêtons, dans le présent article, à en faire l’heureuse expérience, confirmant de notre point de vue, la clairvoyante analyse de l’auteur cité ci-dessus.

…. La monnaie, une balance pour établir la justice entre les gens …

La monnaie, de par son rôle d’intermédiaire dans les échanges, joue en réalité une fonction de juste mesure entre les coéchangistes. Ainsi, un homme possédant un bœuf, mais désirant s’approvisionner sur le marché, se procure en échange de son bœuf de la monnaie, qui en retour est utilisée pour se procurer les biens qu’il désire, jusqu’à concurrence de la valeur de son bœuf. Ainsi, cet homme aura échangé son bœuf contre des biens et services de même valeur ; la monnaie ayant servi de commune mesure pour la valeur des biens finalement échangés.

Dans le Coran, sourate 57, verset 25, il est écrit. “Nous avons effectivement envoyé Nos Messagers avec des preuves évidentes, et fait descendre avec eux le Livre et la balance, afin que les gens établissent la justice”. La balance ici décrit de façon parfaite ce rôle d’intermédiaire de la monnaie en précisant le rôle de justice qui lui est assigné entre les hommes pour avoir assuré la mesure commune du premier bien, cédé en échange de la monnaie, et des seconds biens acquis à concurrence de cette quantité de monnaie initialement reçue, préservant ainsi les intérêts des parties impliquées.

 

…… de donner toujours le poids exact et de ne pas fausser la pesée.

Dans la sourate 55, versets 2-9, il est précisé que : “Dieu a établi la balance, afin que nous (les Djins et les hommes) ne transgressions dans la pesée. Puis il a ordonné de donner toujours le poids exact et de ne pas fausser la pesée”. Ainsi, complétant la sourate précédente, cette balance qui permet d’établir la justice entre les hommes, doit être utilisée avec justice et équité en donnant le poids exact lors des pesées, confirmant clairement que la monnaie, cette balance, est un instrument de mesure.

Cependant, qu’est-ce que cet instrument permet-il de mesurer ? La réponse apparaît clairement à la sourate 11, verset 84-86, lorsqu’il est écrit : “Oh mon peuple, faites équitablement pleine mesure et plein poids et ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs”.

Cette balance est donc utilisée pour mesurer la valeur, une confirmation d’un autre fait que nous avons clairement établi, la valeur désignant la connaissance précise de la quantité de grandeur contenue dans une grandeur, c’est la quantité d’étalon contenue dans la grandeur. Cette expression, “ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs”, revient de façon équivalente sous la forme “ne diminuer pas aux gens leur dû”. Autrement ce qui est dû aux gens, c’est bien la valeur qu’il ne faut pas confondre avec sa mesure dont l’expression peut changer selon le support matériel utilisé pour l’exprimer et qui peut changer d’une période à l’autre.

La valeur désignant une quantité d’étalon, pour une distance, la valeur désigne la quantité de mètres, (10m) ou de litres (10l) pour ce qui concerne un volume; le mètre et le litre étant définis par consensus, par convention sont appelés étalons.

De quelle balance s’agit-il réellement, si l’on estime à juste titre que la monnaie que nous utilisons n’est pas descendue, mais fabriquée par l’homme ?

Ainsi, en oubliant cette monnaie fabriquée par l’homme, il est encore possible d’établir les échanges par un mécanisme d’arbitrage entre les coéchangistes. En effet, comme établi dans (L. Kéita, 2002 ; p.32) nous savons que si une quantité QMA d’une marchandise s’échange contre une quantité QMB d’une autre marchandise, c’est que ces deux quantités de marchandises sont équivalentes, ce qui signifie qu’il existe un étalon noté E et une quantité Q, un nombre positif, tel que chacune des deux quantités de marchandise est équivalente à Q*E.

Dans chaque collectivité d’échange les hommes ont pu trouver des références à travers un bien particulier désiré par la majorité des gens de cette collectivité et qui a pu servir à assurer cette mesure commune de la valeur des biens échangés. A l’expérience, le sel, le blé, le mouton ou les cauris ont pu jouer ce rôle en tant que numéraire.

Par conséquent, la monnaie est une représentation commode de ce bien particulier appelé numéraire, jouant ce rôle d’instrument de mesure de façon à assurer la justice entre les coéchangistes.

 

Comment mesurer et avec quoi mesurer cette valeur ?

Dans l’histoire monétaire du Mali, la période 1983-1984 a été caractérisée par la mise en circulation deux monnaies, l’une, le FM qui valait 0,01 FF et l’autre, le F CFA, 0.02 FF, et en réalité, il y avait une troisième monnaie, le FF qui permettait de définir le contenu de chacune des deux autres monnaies et sans laquelle, ces dernières ne se seront même pas connues.

Cette pratique constatée au Mali permet de mieux comprendre le mécanisme des échanges en faisant comprendre que plusieurs numéraires peuvent exister dans l’économie, contrairement à l’idée d’Aristote, selon laquelle il ne faut qu’un seul numéraire, car selon lui, en avoir plusieurs serait de nature à compliquer les échanges à souhait.

Sur les marchés, lorsque le prix d’un objet était fixé à 200 FM, au même moment, il était administré pour 100 F CFA, laissant apparaître clairement que les deux expressions 200 FM et 100 FCFA sont les mêmes, soit 200 fois 0,01 FF = 2 FF ou encore 100 fois 0,02 FF = 2 FF.

Donc ; 200 FM = 100 F CFA = 2 FF.

On dit que 2 FF est la valeur commune de 200 FM et de 100 F CFA. Le FF est appelé étalon, et le F CFA et le FM sont appelés numéraires, c’est-dire des unités usuelles de mesures.

Ainsi, le FM et le F CFA jouent le même rôle, l’un, le F CFA, étant le double de l’autre, le FM.

Le montant de 200 ou de 100 est appelé prix en FM ou prix en F CFA.

On constate que le prix de 200 représente le rapport de la valeur du bien sur la valeur du FM, ce qu’on écrit :

200 = valeur du bien / valeur de l’unité de mesure monétaire 2 FF / 0,01 FF = 2 / 0,01 = 200

De même, le prix de 100 s’écrit :

100 = valeur du bien / valeur de l’unité de mesure monétaire = 2 FF / 0,02 FF = 2 / 0,02 = 100

Il est donc important de comprendre que le prix est une grandeur neutre, c’est-à-dire sans unité et qu’il représente le nombre de fois que la valeur de l’unité de mesure monétaire est contenue dans la valeur d’une unité du bien. Donc ce prix ne dépend pas du nom de la monnaie, mais de la valeur qui lui est attribuée et qui est encore appelée poids.

Au marché, la vendeuse d’arachide ou de lait aura su utiliser le FM et le F CFA sans avoir eu à bénéficier d’un conseil particulier de la part des Experts du FMI ou de la Banque mondiale. Pourtant, le prix qu’elle pratiquait provenait bien de calculs relativement savants y compris pour le spécialiste alors qu’elle semblait parfaitement les maitriser.

Ainsi, 100 et 200 désignent des pleines mesures et pleins poids de la mesure de la valeur du tas d’arachide correspondant aux poids du F CFA et du FM , autrement dit, des conversions correctes de la valeur de 2 FF dans les sous-unités du FF que sont le F CFA et le FM; ce qui signifie 100 FM ne peut être substitué à aucun de ces montants, la pleine mesure n’étant pas ainsi assurée avec le poids du FM.

Ainsi, faudrait-il comprendre que les valeurs de 100 FM, 1 000 FM, 10 000 FM etc. et les valeurs de 100 F CFA, 1 000 F CFA, 10 000 F CFA etc. sont des valeurs placées sur deux échelles, les valeurs de la première échelle correspondant à la moitié des valeurs correspondantes de la seconde échelle.

Il faudrait éviter d’avoir un jour à substituer les valeurs de la première échelle aux valeurs de la seconde échelle quelle que soit l’appellation attribuée à ce changement. En effet, il s’agira pour la population d’une substitution frauduleuse, fondamentalement appauvrissante, exactement ce qui arrive avec la pratique de la dévaluation du F CFA qui n’est rien d’autre que la diminution des poids et mesures.

 

Qu’est-ce qu’il faut mesurer : la valeur

Nous avons établi que c’est la valeur qui est mesurée, la valeur désignant la quantité d’étalon contenue dans la grandeur.

Dans le Coran, la sourate 11, au verset 85 le Coran annonce : “Oh mon Peuple, faites équitablement pleine mesure et plein poids et ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs”.

Par conséquent, il apparait clairement que c’est la valeur qui est mesurée et dont il faut se garder de déprécier lors des mesures, car elle représente en réalité ce qui est dû aux gens.

Ainsi, le Coran précise encore à la sourate 26, verset 181-183 : “181. Donnez la pleine mesure et n’en faites rien perdre [aux gens]-182. Et pesez avec une balance exacte, 183. Ne donnez pas aux gens moins que leur dû”.

Donc, ce qui est dû est également mesuré comme la valeur.et qu’il faut veiller à ne pas diminuer lors des mesures. Autrement dit, si l’on devait en 1983 une somme de 100 000 F CFA à quelqu’un, ce que l’on doit en réalité est la valeur de 100 000 F CFA, soit 2 000 FF. Par conséquent, si vous devez rembourser une telle dette en 1995, il faudra payer 2 000 FF soit donc 200 000 F CFA, et non pas le montant de 100 000 F CFA initialement contracté, car entre temps, le pays aura changé en réalité la manière de mesurer la valeur dont il faut se garder de diminuer le montant.

 

La diminution des poids et mesures et ses conséquences, un malheur qui vous enveloppe

·       Destruction des valeurs passées, présentes et futures : un châtiment qui vous enveloppe

Nous avons déjà établi les conséquences de la diminution des poids et mesures en termes de destruction de la valeur sur les actifs accumulés, les revenus fixes présents ou futurs attendus.

Ainsi, en diminuant les poids et mesures, le Coran, dans la sourate 11, verset 84-86 : annonce, comme suit, les conséquences avec une parfaite exactitude : “84. [ ] Ne diminuez pas les mesures et le poids. Je vous vois dans l’aisance et je crains pour vous (si vous ne me croyez pas) le châtiment d’un jour qui enveloppera tout”.

Pour être enveloppé par une crise, nul ne saurait l’être davantage qu’une telle destruction de valeur, sur les montants des contrats et autres actifs anciennement acquis, les revenus courants et les ressources futures, depuis la nuit des temps jusqu’à la fin des jours sur terre.

·       L’appauvrissement des populations et la tentation de la corruption

Nous savons comment les revenus fixes sont maintenus de force à la moitié de leur valeur, alors que sur les marchés, les prix s’ajustent pour y limiter la baisse imposée sur les prix du marché.

Par conséquent, selon les cas, les revenus fixes réduits de moitié seront vite rattrapés par les dépenses ou facilement dépassés, en plaçant leurs détenteurs dans des difficultés matérielles accrues qui les inciteraient à utiliser tous les moyens possibles pour tenter de couvrir les coûts de la vie.

C’est ainsi que dans la même sourate 11, au verset 85 le Coran annonce : “Oh mon Peuple, faites équitablement pleine mesure et plein poids et ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs et ne semez pas la corruption sur terre”.

·       Une hausse apparente des prix à l’œil nu, traduisant en réalité une baisse des prix : le désordre

Nous avons vu qu’à l’issue de la pratique de diminution des poids et mesures, il y a l’apparence d’une hausse des prix sur les marchés, alors qu’en réalité les prix auront baissé du fait de l’appauvrissement des populations qui se trouvent expropriées d’un montant important de leur revenu monétaire, un montant qui aura été désigné dans l’histoire de France sous l’appellation de droits de seigneuriage.

Il apparaît compréhensible, qu’en toute logique, la pratique, qui aura consisté à changer l’instrument de mesure en le réduisant à sa propre moitié, devrait avoir comme conséquence de doubler logiquement les prix pour garder l’équivalence. Cependant, du fait de l’expropriation de la population de la moitié de ses revenus monétaires, le doublement attendu des prix ne sera pas assuré et il y aura donc une hausse insuffisante des prix, ce qui empêchera d’atteindre le doublement, c’est-à-dire l’équivalence et traduirait une baisse des prix.

Donc, dans la réalité, il y a eu baisse des prix, mais, à l’œil nu, apparaît plutôt une hausse des prix, un phénomène de désordre qui est parfaitement bien décrit par le coran, qui écrit : “sourate 26, verset 183. Ne donnez pas aux gens moins que leur dû ; et ne commettez pas de désordre et de corruption sur terre”.

 

En conclusion

L’analyse que nous avons conduite relativement à la théorie de la mesure et qui aura permis de faire comprendre la différence entre une pratique interdite de diminution des poids et mesures et une mesure de dévaluation est contenue en totalité dans le Coran, aussi bien dans la définition des concepts et des règles de fonctionnement que dans la violation des règles et interdictions, notamment la diminution des poids et mesures. Cependant, les maîtres du Coran ne sont pas nécessairement des économistes et que les économistes, dans leur ignorance de la théorie de la mesure en économie, ne sont pas nécessairement des spécialistes du Coran, ce qui n’empêche pas le Livre Saint d’être par essence la mère de toutes les sciences auprès de laquelle les économistes auraient pu s’enrichir.

Ainsi, en apprenant que la monnaie a été descendue par le Seigneur pour que les hommes établissent la justice entre eux, et, en comprenant que cette monnaie est en réalité l’instrument de mesure en économie, le scientifique devrait sentir qu’il lui aurait été lancé un défi, celui de découvrir la science économique à travers la découverte et la maîtrise de l’utilisation de l’instrument de mesure, la monnaie, que tout le monde sait miraculeusement utiliser à merveille à travers toutes les collectivités humaines.

Aujourd’hui, nous comprenons que l’Economie dotée de la théorie de la mesure, que nous avons dénommée Economie scientifique, dont nous venons de voir que les principales conclusions sont éloquemment décrites dans le livre Saint sans exception et avec une précision qui dépasse l’entendement, n’est donc rien d’autre que la vraie économie, c’est-à-dire la discipline économique qui résulte de la maîtrise de l’utilisation de son instrument de mesure, la monnaie.

Par conséquent, il doit donc être clair que cette discipline offre une particularité distinctive, celle d’avoir hérité naturellement de son instrument de mesure et qui l’aura donc précédée ainsi que les échanges marchands qu’il permet d’assurer avec justice et équité. Par conséquent, nul ne saurait parler logiquement d’économie dans l’ignorance de la monnaie et sans laquelle la discipline n’existerait point. Il est donc évident que l’expression d’économie monétaire est tout simplement une redondance et le troc, c’est-à-dire l’économie sans la monnaie, une hérésie.

Par la grâce de Dieu, je compte, en concluant le présent article, mettre un terme à mes cris et écrits dans la presse en faveur de la bonne information économique de notre population et de toutes les populations du monde. Je ne saurais cependant terminer sans adresser mes plus vifs remerciements aux journaux qui n’ont raté aucune occasion pour informer juste la population, notamment: Les Echos; Le Combat, le Courrier, Le Scorpion, le Journal électronique JSTM, Mali Tribune; ainsi que tous les autres medias qui ont pu par moment contribuer à cette bonne information des populations, comme Radio Dambé, Nieta TV, Radio Niéta, Radio Kounadi et Radio Sewa. Gloire à Allah, l’Omniscient, l’Omnipotent.

 

Dr Lamine Kéita

Tel 76443947

Email : [email protected]

Mali Tribune

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