Ce que j’en pense: Le pacte de bonne gouvernance d’Abu Baker « le véridique »

Le peuple malien ne pleure pas ses martyrs. Le 22 septembre 2019, date anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, nous les réhabiliterons. Nous les rendrons immortels. Comme dit l’autre «celui qui ne connaît pas son passé, construit mal son présent».

La célébration solennelle du «22 septembre 1960» nourrit la mémoire collective. Cette date historique consacre le triomphe de l’idéal politique des femmes et des hommes patriotes, dont nous glorifions le souvenir. Ils se sont battus dans le «dire vrai et l’agir en vérité». Cette leçon de vie est fortement prêchée par le leadership musulman historique. Le menteur ne peut d’aucune manière participer à la construction nationale. Tout Malien véridique est patriote.
Le diagnostic, l’analyse, la solution d’un problème sont formulés dans des termes qui convainquent l’interlocuteur, le partenaire. La vérité consolide et pérennise tout projet individuel ou collectif. Donc l’environnement social, économique, administratif doit être géré par des règles justes, équitablement appliquées à tous les citoyens.
La bonne Justice rendue aux individus, la bonne Administration des populations et de leurs biens sont tributaires d’un comportement correct dans l’accomplissement des missions de gouvernance. Des grands hommes, depuis des siècles sont adulés pour leur droiture morale. C’est le cas d’Abu Bakr, le successeur du Prophète Mohammed (Paix Sur Lui). Ce saint homme avait la réputation d’être simple et sincère. Il avait été surnommé «le véridique» par ses contemporains. Son discours d’investiture est anthologique. En voici la traduction française.

«As Salaam Aleykom ! Ô les gens, j’ai été élu comme guide, bien que je ne sois pas meilleur que quiconque d’entre vous. Si j’agis bien, soutenez-moi. Si je m’égare, remettez-moi dans le droit chemin. Ecoutez, la vérité est l’honnêteté et le mensonge est la malhonnêteté. Les plus faibles d’entre vous sont puissants à mes yeux, tant qu’on ne leur donne pas leur dû, si Dieu le veut. Les plus puissants d’entre vous sont les plus faibles à mes yeux, tant qu’ils ne prennent pas de leurs richesses pour rendre ce qu’ils doivent aux autres, si Dieu le veut».
«Ecoutez, vous devez m’obéir aussi longtemps que j’obéis à Allah et à son Messager. Si je désobéis à Allah et Son Messager, vous êtes libres de me désobéir. Wa Salaam Aleykom»
Beaucoup d’historiens pensent qu’Abu Bakr, montra à travers cette adresse qu’en islam le gouvernement signifie le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Ce texte est vieux de près de 15 siècles. Le leadership politique et musulman s’en inspire dans de nombreux pays.
Le président de la République, chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, dans un passé récent, ne s’est-il pas inspiré de ce pacte entre Abu Bakr et le peuple musulman ? Il venait de prier à la Grande mosquée de Bamako. Il a demandé aux leaders religieux qui l’entouraient de l’interpeler, «de redresser ses erreurs, s’il se trompe. Si vous ne le faites pas, Dieu ne vous pardonnera pas».
La leçon de ce face-à-face dans la Grande mosquée de Bagadadji n’est-elle pas la suivante ? Dans le Mali d’aujourd’hui en crise, les villageois, les citadins ne veulent plus être commandés. Ils veulent être dirigés. Selon un sage soninké «on peut conduire un cheval à l’abreuvoir. Mais on ne peut pas lui commander de boire». Le meneur d’hommes dirige. Il ne commande pas.

Sékou Oumar DOUMBIA

L’Essor

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