Mody, le train et Omar Sy…

La mobilisation d’une famille et la médiatisation virale de son histoire permettent à Mody, jeune Malien de 16 ans, de rester en Touraine. Et d’avancer.

C’est l’histoire d’un jeune homme parti de la région de Kayes, au Mali, poussé par sa mère pour vivre mieux. Ailleurs. Mody, 16 ans, et son frère, 22 ans, ont pris la route et laissé derrière eux cette mère célibataire. Parti en mai du Mali, Mody est arrivé en Touraine en septembre dernier. Seul. Son frère aîné a péri noyé en Méditerranée, sous ses yeux.
Une famille dans laquelle il s’épanouitMody, recueilli par la Croix-Rouge espagnole, parviendra jusqu’en France. Après deux nuits passées à la gare de Montparnasse à Paris, on lui indique qu’il trouvera une oreille attentive et de l’aide auprès de Rose-Marie, infatigable bénévole de Chrétiens-Migrants, à Tours, à deux pas de la gare. Il est pris en charge par Utopia 56, est hébergé dans une famille lochoise. Un nouveau chapitre s’ouvre dans la vie de ce jeune migrant qui rêve de foot et de cuisine.
Reconnu mineur non accompagné (MNA), le jeune homme est installé dans un hôtel. Par hasard, Mody va alors entrer dans la vie des Soubise, une famille installée dans la campagne tourangelle. Hélène, Sébastien et leurs enfants se prennent d’affection pour ce gamin qu’ils décident d’accueillir le mercredi, les week-ends et pendant les vacances (une demande de droit de visite et d’hébergement est en cours).
Mody s’ouvre, s’épanouit. Se met à rêver d’un avenir. La semaine dernière pourtant, tout s’écroule. Le conseil départemental ayant dépassé ses capacités d’accueil de MNA au titre de l’aide sociale à l’enfance (ASE), une ordonnance de placement provisoire en dehors de l’Indre-et-Loire est prise. Hier matin, Mody et trois autres MNA devaient prendre le train pour Lille, ville tout autant débordée par la situation migratoire.
Branle-bas de combat chez les Soubise qui, sans vouloir défaire le travail mené par l’ASE, décident d’agir. Avec leurs moyens. Un compte Instagram, une pétition, des mots qui touchent… L’histoire de Mody devient vite virale. Relayée d’abord par Amanda Sthers, Elsa Wolinski puis, via Twitter par la chanteuse Keren Ann, les acteurs Marina Foïs et… Omar Sy, etc. Hier matin, à quelques minutes du départ annoncé, – le parquet de Tours venait de se déclarer incompétent pour agir – le compteur affichait quelque 29.000 signatures. A 10 h 40, l’éducatrice de l’ASE qui tendait les billets à Mody reçoit un appel du conseil départemental. Mody peut rester. Soulagement. Larmes. Mody va pouvoir penser à son avenir. Bien entouré.
Les trois autres MNA, eux, sont partis.
Source: lanouvellerepublique
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