Le Rapport économique sur l’Afrique 2019 pose le défi du déficit du financement

Le Rapport économique sur l’Afrique 2019, axé sur le thème « La politique budgétaire au service du développement durable », a été officiellement lancé ce samedi, à Marrakech (Maroc).

Présenté comme le rapport phare de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le rapport a été publié lors de la 52eme Conférence annuelle des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique COM2019(Commission économique pour l’Afrique (CEA), dont les travaux ont débuté depuis le mercredi 20 mars à Marrakech (Maroc).

Il fournit une évaluation factuelle de la nature et des résultats de la politique budgétaire en Afrique. Analysant à la fois les défis et les possibilités, il passe en revue les meilleures pratiques afin de formuler des recommandations générales et de faciliter les échanges de données d’expérience.

Le rapport aborde des questions cruciales de politique budgétaire et de financement des programmes de réalisation des objectifs de développement durable en Afrique.

À dix ans de l’échéance fixée pour atteindre les objectifs mondiaux de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, les pays africains continuent de rechercher les combinaisons de mesures susceptibles de les aider à accélérer la réalisation de ces objectifs.

Mais, pour de nombreux pays, le financement reste le principal goulet d’étranglement, les capacités de mise en œuvre venant immédiatement en deuxième position.

Si elle veut atteindre les ODD, l’Afrique devra, selon les estimations, mobiliser 11 % de son PIB par an sur les 10 prochaines années pour combler son déficit de financement.

Aujourd’hui, ses recettes fiscales moyennes sont en-deçà de 16 % du PIB. Une mobilisation efficace et efficiente des ressources intérieures peut aider à combler une part importante de ce déficit de financement.

Les besoins de financement du continent sont estimés entre 614 et 638 milliards de dollars par an, et de ce fait les pays africains doivent renforcer la mobilisation de leurs ressources intérieures, ce qui exige une amélioration durable de l’efficacité et de l’efficience de la politique budgétaire, souligne le Rapport économique sur l’Afrique 2019.

Le Directeur de la Division de la macroéconomie et de la gouvernance de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), M. Adam Elhiraika, qi a présenté le document a reconnu que « l’Afrique a certes réalisé des progrès notables pour accélérer sa croissance et créer la prospérité pour tous, mais qu’ils sont très différents d’un pays à un autre et restent très limités par rapport aux attentes pour la réalisation des ODD ».

Il a toutefois souligné que « le potentiel existe pour que l’Afrique parvienne à réaliser les ODD en 2030 et l’Agenda 2030.

A cet effet, il recommande le maintien régulier d’une croissance économique pour le continent qui se situait à 3,2 pour cent du PIB en 2018, et qui pourrait se chiffrer à 3,4 pour cent l’année prochaine et 3, 9 pour cent en 2020.
L’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) pourra « considérablement contribuer à changer la donne en Afrique », a soutenu Adam Elhiraika.

Adopté le 21 mars 2018 à Kigali, l’accord n’est ratifié à ce jour que par seulement 20 pays, ce qui retard encore son entrée en vigueur.

La secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique, Vera Songwe, qui a présidé la cérémonie, a invité les dirigeants africains de « passer des idées aux actes pour enfin parvenir à une Afrique inclusive ».

Invitant à l’accroissement du recouvrement des recettes fiscales, grâce à la numérisation, Mme Vera Songwe a souhaité voir porter le PIB du continent de 12 à 22 % pour combler le déficit de financement des besoins du continent
« Nous devons réaliser l’Agenda 2030 avec le secteur privé et la numérisation des services fiscaux et de l’administration peut aussi aider à réduire les délais de recouvrement des imports », a-t-elle déclaré.

« Faisons des efforts pour améliorer la fiscalité budgétaire car si nous restons sur un taux de croissance de 3,2 %, nous n’arriverons pas à atteindre les ODD à l’horizon 2030, réaliser l’Agenda2063 de l’Union africaine encore moins créer les 60 millions d’emplois annuels escomptés », a –t-elle avisé. Un impératif à résoudre au plus vite si l’on sait que dix ans nous séparent de l’échéance fixée pour atteindre les ODD.

D’une durée d’une semaine, la 52eme Conférence annuelle des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique COM2019 traite du thème : « La politique fiscale, le commerce et le secteur privé à l’ère numérique : une stratégie pour l’Afrique »

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