Incident d’audience: Serigne Bassirou Guèye vole au secours de Me Ousseynou Fall

Le Procureur de la République a pris son bâton de pèlerin pour inviter le tribunal à faire table rase sur l’incident enregistré ce matin au cours du procès du maire de Dakar. Intervenant suite à la prise de gueule entre le président Malick Lamotte et Me Ousseynou Fall, ce qui avait entrainé l’annonce de l’exclusion de ce dernier, le parquet a invité le tribunal à lever la sanction prononcée contre le celui-ci.

 

Serigne Bassirou Guèye qui a pris la parole dès la reprise de l’audience a demandé au président d’avoir plus de compréhension et de continuer de présider l’audience comme il l’avait fait depuis le début. Mais aussi de permettre « la présence de tous les avocats comme ce fut le cas depuis le début du procès ».

Me Mamadou Ismaïla Konaté, ancien Garde des sceaux de la République du Mali, prenant le relais, a salué l’appel du procureur en faveur de son confrère. Il a dit que les avocats de la défense partagent l’opinion exprimée par le parquet. Mais il a relevé qu’une audience peut s’enflammer. Après avoir relevé qu’il arrivait que certaines personnes, dans le cadre de leur mission, versent dans de l’excès. Je voudrais vous demander d’être un peu moins regardant sur certains comportements. Nous sommes profondément désolés de la situation qui est arrivée tout à l’heure. L’avocat cherche tout simplement à défendre son client. Et avocat, nous sommes très respectueux de votre autorité », dit-il.

L’Agent judiciaire de l’État (Age), Antoine Diome a lui aussi pris la parole pour s’adresser aux juges. « Vous respecter, monsieur le président, c’est nous respecter nous-mêmes ».

Le président Lamotte resté calme et concentré, a semblé prendre acte des propos qui lui sont adressés. « Le tribunal vous a entendu », a-t-il dit en indiquant aux avocats que le souci majeur de la juridiction qu’il préside voulait juste les « mettre dans les conditions de pouvoir défendre convenablement (leurs) clients. Nous n’avons aucun problème avec les avocats. Surtout avec Me Ousseynou Fall. Ce n’est pas de gaieté de cœur que le tribunal a pris cette décision », dit-il.

M. Ousseynou Fall reprenant la parole, n’est pas revenu sur l’incident. Il a invité Mamadou Oumar Bokoum a préciser le montant exact des fonds alloués à la Ville de Dakar et la part qui revient a à la Ville de Dakar et celle de l’État du Sénégal.

En parlant de sommes allouées à la Ville de Dakar, avant 2015, année de son départ, M. Bokoum a dit que c’était moins de 200 millions. « La somme varie entre 160 millions et 200 millions. A propos du montant mensuel des sommes mises à la disposition de la Ville de Dakar, l’ancien percepteur de ladite collectivité dit que le plafond ne doit pas dépasser 30 millions par mois. « C’est en réalité 30 millions par mois. L’État n’a aucune part dans ces montants alloués à la Ville de Dakar », poursuit-il.

Et à la question de savoir pourquoi, en tant que comptable de la Ville de Dakar M. Bokoum ne vérifiait pas de la réalité de ces produits, il réplique : « Les textes m’interdisent de vérifier l’opportunité et la réalité des dépenses. Chacun a un rôle à jouer. Il y a la part du comptable et celle de l’ordonnateur. De par la loi, je n’ai aucun pouvoir qui me permet de vérifier l’effectivité de la dépense ».

Avec seneweb

metrodakar

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