Ethiopie: Amnesty dénonce des violences ethniques dans l’ouest

L’ONG Amnesty International a condamné vendredi les violences ethniques qui ont éclaté ces derniers mois dans l’ouest de l’Ethiopie, faisant au moins 20 morts et des milliers de déplacés depuis octobre 2017.

Ces conflits intercommunautaires se sont multipliés ces derniers mois, principalement en région Oromo, celle de la plus importante ethnie du pays et un des théâtres de manifestations anti-gouvernementales depuis fin 2015.

Amnesty International a indiqué vendredi dans un communiqué que des membres de l’ethnie Amhara, la seconde du pays, ont été la cible de groupes de jeunes Oromo dans la région Oromo et dans celle voisine de Benishangul-Gumuz. Ces attaques ont fait au moins 20 morts depuis octobre 2017.

Ces violences ont fait fuir des milliers d’Amhara vers Bahir Dar, la capitale de la région Amhara (nord), où certains d’entre eux vivent dans les rues. L’ONG indique que 1.400 Amhara vivant dans le district de Siyo (ouest) pourraient être forcés à fuir eux aussi si les autorités n’interviennent pas.

« Le gouvernement éthiopien doit agir pour empêcher ces attaques brutales sur la communauté Amhara, qui est visée pour des raisons ethniques », a appelé Amnesty International.

Ces violences ethniques ne sont pas les seules à avoir récemment secoué l’Ethiopie. En 2017, des Oromo et Somali s’étaient affrontés dans le sud du pays le long de la frontière entre leurs régions respectives, faisant plusieurs centaines de morts.

Depuis avril, des combats entre communautés de la région Oromo et de la Région des nations, des nationalités et des peuples du Sud (SNNPR), dans le sud-ouest du pays, ont fait 427.000 déplacés, selon l’ONU.

La radio-télévision d’Etat Fana, proche du pouvoir, avait indiqué en janvier que le gouvernement avait débloqué un budget de 500 millions de birrs (15,4 millions d’euros) pour aider les déplacés des divers affrontements, mais Amnesty International accuse le nouveau Premier ministre Abiy Ahmed, entré en fonction en avril, de ne pas agir suffisamment.

« Le gouvernement avance à grands pas pour améliorer les droits de l’Homme dans le pays, mais les violentes attaques aux motivations ethniques sont honteusement ignorées », a soutenu l’ONG.

Abiy Ahmed, un Oromo, s’était rendu dans la capitale de la région somali peu après son investiture, et y avait appelé à la paix entre Somali et Oromo. Mardi, il a tendu la main à l’ennemi juré érythréen et annoncé l’ouverture partielle aux capitaux privés d’une économie éthiopienne jusqu’à présent renfermée sur elle-même.​

La libre Afrique

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