Crise togolaise : opposition et pouvoir s’arrachent les déclarations d’Emmanuel Macron

Les propos tenus par le président français Emmanuel Macron à l’occasion de sa visite au Nigeria, concernant la crise togolaise, font encore parler à Lomé. Depuis vendredi, pouvoir et opposition, chacun à son tour, tente de tirer les déclarations du numéro 1 français vers son camp, le saluant et appelant aux réformes comme ils l’entendent.

A l’heure actuelle, le nom de Emmanuel Macron est sur toutes les lèvres à Lomé, la capitale togolaise. Pour ses propos tenus au Nigeria concernant la crise politique togolaise, le président français se retrouve cité par tous les regroupements politiques qui y voient leurs intérêts.

« La stratégie de la France est la même : accompagner l’Union africaine et les leaders régionaux dans la solution de cette crise. Je souhaite que les dirigeants africains puissent réussir la médiation qui est en cours et arriver à des résultats concerts », a premièrement déclaré le chef d’Etat français cité par RFI. Saluant « le gros travail de médiation » abattu par du président ghanéen Nana Akufo-Addo, médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) avec le président guinéen, Alpha Condé, Emmanuel Macron a également évoqué une entrée en scène plus efficace du Nigeria pour bientôt. Pour le le président français, trouver une solution est une nécessité. « Il faut sortir du statu quo », a ensuite recommandé le président Macron.

Opposition et pouvoir approuvent

Cette recommandation du premier responsable français semble recueillir un avis favorable de chaque côté. Du côté du pouvoir, on indique qu’elle s’aligne directement sur les projets du gouvernement. « Les propos du président Macron répètent également la position constante du gouvernement togolais. Le gouvernement et sa majorité ne sont pas disposés à s’inscrire dans une logique de statu quo », a déclaré à RFI, Gilbert Bawara, ministre togolais de la fonction publique et porte-parole du gouvernement.

« C’est pourquoi nous avons toujours insisté sur deux exigences. D’une part, un esprit d’ouverture et de recherche du compromis, mais en même temps la détermination et l’engagement à aller jusqu’au bout du processus, en veillant à ce que les réformes politiques, notamment constitutionnelles, puissent être opérées en vue de remporter la démocratie, et faire en sorte que les aspirations de la société togolaise puissent être garanties et assurées », a poursuivi Gilbert Bawara se montrant très rassuré.

Dans l’opposition, on n’est pas moins affirmatif. « On est on ne peut plus satisfaits de ces propos du président Emmanuel Macron. Et donc, pour nous, cela veut dire tout simplement qu’il nous faut faire les réformes pour créer les conditions d’élections véritablement démocratiques et transparentes. Et donner confiance aux Togolais, pour que ces Togolais aillent à ces élections », a déclaré à RFI une source proche de l’opposition qui a ajouté qu’il faut montrer « qu’il y a une rupture dans la gouvernance ». « Et cela ne peut se faire que par une transition au cours de laquelle il y aura une mise en œuvre consensuelle de l’accord que nous aurons trouvé. Et enfin, que nous puissions aller aux élections à la fin de l’année », a précisé la source.

Notons qu’il faudra encore attendre quelques trois semaines pour avoir les recommandations claires de la CEDEAO pour la résolution de la crise. Elles seront formulées lors de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation qui se tient à Lomé à la fin de ce mois.

La Tribune

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