Bénin: des «mesures coercitives» évoquées à l’encontre de Boni Yayi

La justice reproche à l’ancien président d’avoir refusé de « se prêter aux questions du juge d’instruction », dans l’enquête sur les violences survenues les 1er et 2 mai dernier. Les avocats de Thomas Boni Yayi nient toute implication de leur client.

En conférence de presse à Cotonou, mardi 18 juin, Mario Metonou, le procureur de la République, a affirmé que les éléments portés au dossier dans le cadre de l’enquête sur les violences de début mai démontraient « une implication personnelle de l’ancien président de la République », raison pour laquelle Boni Yayi a été convoqué par la justice.

Le report de l’audition « à une date indéterminée » demandée par l’ex-chef d’État pour raisons médicales ayant été refusé « le juge d’instruction a maintenu l’audition au domicile de monsieur Boni Yayi où il s’est rendu sans pour autant pouvoir le rencontrer », a détaillé le procureur, justifiant ainsi que le juge d’instruction ait envisagé à l’encontre de l’ancien président « des mesures coercitives ».

« Instrumentalisation totale de la justice »

En réponse, les avocats de Thomas Boni Yayi dénoncent une violation du secret de l’instruction. Surtout, selon maître Renaud Agbodjo, son client n’est pas impliqué dans les saccages, puisqu’il était coincé dans son domicile les 1er et 2 mai dernier.

L’avocat dénonce « une instrumentalisation totale de la justice pour abattre un homme politique », citant en exemple la « liberté déjà restreinte » de son client, dont la maison a été encerclée. S’agit-il d’une décision judiciaire ou « politique », fait mine de s’interroger l’avocat.

« Collusion frauduleuse »

Il réaffirme qu’il y a eu « collusion frauduleuse entre les politiques et la justice dans cette situation, qui nous laisse penser, à juste titre, que monsieur Boni Yayi n’a pas les garanties d’une justice indépendante ».

RFI

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